Formation Make : de débutant à pro en 3 h 20
Cette formation Make gratuite vous apprend les 20 % de l’outil qui donnent 80 % des résultats : scénarios, bundles, mapping, fonctions, itérateurs, routeurs et gestion des erreurs. Chaque notion est montrée sur ce qu’un client vous achète : un rapport financier qui part tout seul par email, et un tri de candidatures où l’IA note chaque CV. Voici cette masterclass de 3 h 20 résumée section par section, avec ce qui a changé dans Make depuis son enregistrement en février 2025.
Make en 2 minutes : la colle entre vos applications
Make (make.com, l’ancien Integromat) est une plateforme d’automatisation visuelle. Il relie des applications entre elles : celles d’où vient la donnée, celles qui la transforment ou l’enrichissent, et celles où elle est rangée. Plus de 2 000 applications sont connectées nativement, et le module HTTP couvre toutes les autres API.
Pourquoi un client l’accepte :
- la mise en place va 5 à 10 fois plus vite qu’un développement sur mesure ;
- dès qu’une tâche revient 2 à 4 fois par semaine, elle vaut d’être automatisée ;
- le retour sur investissement se voit tout de suite, sans attendre 3 mois de développement ;
- il n’y a presque pas de code à écrire.
Les cas d’usage que je cite dans la vidéo : onboarding client, proposition commerciale, réponse aux emails par l’IA, synchronisation entre CRM, comptabilité et gestion de projet, contrats et factures générés, rapports, recrutement, scraping, Slack, Discord ou Telegram, et le CRM automatisé (le principe est dans le pipeline commercial en 7 étapes). Si vous partez de zéro, l’automatisation IA expliquée sans coder pose le décor.
Faut-il prendre Make ou n8n ? Pour débuter, Make reste le meilleur compromis : c’est le plus simple à prendre en main. Les questions qui tranchent chez un client sont dans Make vs n8n, et la masterclass jumelle est n8n, de débutant à pro.
Le compte et l’interface : ce qui sert vraiment
L’inscription prend une minute (compte Google ou email), avec l’hébergement en Europe. L’offre gratuite suffit pour suivre toute la masterclass en même temps que moi.
Dans l’interface, cinq écrans comptent :
- Organisation : votre plan, les crédits consommés dans le mois (j’en étais à 66 %) et le transfert de données (5 Go par mois sur Core, assez sauf pour déplacer des vidéos).
- Team : votre client crée son compte, enregistre son moyen de paiement et vous ajoute comme membre. C’est ainsi que je livre : le compte lui appartient.
- Notifications : j’active les erreurs et les scénarios désactivés, pas les simples alertes.
- Scenarios : vos automatisations, rangées par dossier. Je préfixe chaque nom par les initiales du client puis l’objet (« CC onboarding client »).
- Connections et Webhooks : la liste de vos accès et de vos adresses de réception, pour vous réauthentifier quand une connexion expire.
Les templates de Make, je ne m’en sers jamais : ils sont trop simples pour servir sur un vrai projet.
Scénarios, modules et déclencheurs : 2 880 crédits à ne pas gaspiller
Un scénario est une automatisation avec un début et une fin, faite d’un ou plusieurs modules. Il y a deux sortes de modules :
- le déclencheur (trigger), qui lance le scénario, et il n’y en a qu’un par scénario ;
- les modules d’action, qui font quelque chose : écrire dans Google Sheets, envoyer un prompt à ChatGPT, créer un fichier.
Le déclencheur est soit planifié (toutes les 15 minutes, chaque jour à heure fixe, certains jours de la semaine), soit instantané, marqué d’un éclair : un webhook, par exemple, se lance dès qu’il reçoit des données.
Je prends l’instantané chaque fois que c’est possible, pour une raison de coût. Un déclencheur planifié consomme à chaque passage, même s’il n’a rien à faire : toutes les 15 minutes, c’est 4 par heure, 96 par jour, 2 880 par mois pour rien. Sur une offre à 10 000, c’est près d’un tiers parti en vérifications à vide.
Les connexions se font de trois façons : un bouton « Sign in with Google » (OAuth), une clé API collée dans Make (je l’ai montré avec pdf.co, qui donne 10 000 crédits gratuits pour commencer), ou une authentification guidée. Nommez chaque connexion avec l’application et l’identifiant utilisé : chez un client, vous saurez lequel réautoriser.
Bundles, tableaux et collections : ce qui circule entre deux modules
Si vous ne retenez qu’une notion de la masterclass, prenez celle-ci. Quand Google Sheets lit 6 lignes, il rend 6 bundles, et chaque module placé après lui s’exécute 6 fois, une fois par bundle. Trois bundles et quatre modules derrière : la chaîne entière tourne trois fois.
Trois structures à reconnaître :
- le bundle : le paquet de données qui passe d’un module au suivant ;
- le tableau (array) : une liste ordonnée, entre crochets ;
- la collection : un objet, des paires clé et valeur sans ordre, entre accolades.
Tout cela, c’est du JSON. Le texte va entre guillemets, les nombres sans guillemets et avec un point pour les décimales (99.99), les booléens s’écrivent true ou false, les objets entre accolades et les tableaux entre crochets :
{
"nom": "Jean Dupont",
"age": 25,
"actif": true,
"tags": ["automatisation", "workflow", "intégration"],
"contacts": [
{ "nom": "Jean", "telephone": "123" },
{ "nom": "Marie", "telephone": "456" }
]
}
Le module « Parse JSON » le montre bien. Collez une liste de 3 contacts dans un objet : Make rend 1 bundle. Collez directement le tableau : il rend 3 bundles. Quand vous avez compris cette différence, vous dépannez un scénario en quelques minutes au lieu d’y passer la soirée.
Le mapping : réutiliser la donnée d’un module précédent
Mapper, c’est glisser une valeur d’un module précédent dans le champ du module courant. Un clic dans le champ ouvre la liste de toutes les variables disponibles. Dans un tableau, Make prend le premier élément par défaut ; pour le deuxième contact, vous écrivez son rang entre les crochets (contacts[2].nom). Dans Make, le premier élément porte le rang 1.
Mon astuce de rangement : renommez vos modules (« Total facturé » plutôt que « Tools »). Le jour où vous revenez sur le scénario d’un client, vous retrouvez chaque calcul au premier coup d’œil.
Les fonctions à connaître, onglet par onglet
Make met à disposition des dizaines de fonctions. Voici celles qui servent, et celles que vous pouvez ignorer.
| Onglet | Les fonctions utiles | Ce qu’elles font |
|---|---|---|
| Générales | get(), if(), switch(), ifempty() | lire un élément d’un tableau ou d’un objet (get(contacts; 2.email)), choisir une valeur selon une condition, plusieurs valeurs avec un défaut |
| Mathématiques | sum(), round(), trunc(), parseNumber(), formatNumber() | additionner, arrondir, transformer le texte d’un tableur en nombre, afficher 50 000,00 à la française |
| Texte | split(), replace(), trim(), capitalize(), contains(), stripHTML() | récupérer un prénom (split() sur l’espace puis le premier élément), nettoyer un texte, retirer le HTML |
| Dates | now, addMonths(), setYear(), formatDate(), parseDate() | l’heure du moment, décaler une date, l’afficher en DD/MM/YYYY, lire une date venue de Google Sheets |
| Tableaux | join(), length(), merge(), map(), sort(), distinct(), first(), last() | assembler, compter, fusionner, filtrer un tableau complexe, retirer les doublons |
Deux pièges que la vidéo montre. Les opérateurs (=, *) se prennent dans la barre des fonctions, pas au clavier. Et une date lue dans Google Sheets arrive en texte : sans parseDate(), Make ne sait pas la comparer à aujourd’hui.
map() est la plus puissante. Sur une agence avec deux projets, une seule formule rend le nom des projets budgétés à 10 000 €, et ignore l’autre.
Cas client 1 : le rapport financier qui part tout seul
Le scénario lit 6 factures dans Google Sheets (client, montant, statut, dates) et envoie au dirigeant un email avec quatre chiffres : total facturé, total payé, nombre de factures, taux de paiement.
- Agrégateur numérique : il additionne les 6 montants en un seul résultat, 26 620 €. Attention, les modules agrégés ne sont plus visibles après l’agrégateur.
- Array aggregator puis itérateur : pour faire plusieurs calculs sur les mêmes lignes sans relire le tableur, j’agrège les 6 bundles dans un tableau, puis l’itérateur le redécoupe en 6 bundles autant de fois que nécessaire. L’agrégateur rassemble, l’itérateur éclate.
- Total payé : une variable
if(statut = payé; montant; 0), puis une somme. Résultat : 16 000 €. - Taux de paiement : total payé divisé par total facturé, fois 100, mis en forme avec
formatNumber(): 60,1 %. Toutes les variables tiennent dans un seul module « Set multiple variables » : un module de moins, c’est un crédit de moins à chaque passage. - L’email : un brouillon d’abord (toujours), en HTML (
<br>pour aller à la ligne), puis l’envoi.
Pour un rapport mensuel, un filtre ne garde que les factures du mois précédent : formatDate(addMonths(now; -1); MM/YYYY). Le filtre se pose dans le module Google Sheets ou sur le lien entre deux modules ; ici, 5 lignes sur 6 passent, celle de février reste dehors.
Cas client 2 : le recrutement où l’IA note chaque CV
Une entreprise qui reçoit 100 à 300 candidatures par poste ne veut lire que les 5 à 10 meilleures. Le scénario :
- Un formulaire Youform (prénom, nom, email, téléphone, poste, CV en PDF) envoie ses réponses à un webhook Make. Le « custom mailhook » fait la même chose pour une boîte email.
- HTTP « Get a file » télécharge le CV, Google Drive le range dans le dossier Recrutement.
- pdf.co convertit le PDF en texte.
- OpenAI note le CV sur 100 avec une grille : 50 points pour plus de 3 ans d’expérience dans le poste, 30 pour le diplôme, 15 pour les mots-clés, 5 pour l’école ; moins 20 si les postes durent en moyenne moins d’un an, moins 10 pour un an sans emploi, moins 10 pour 3 ans d’inactivité, moins 10 pour plus de 5 fautes. Le rôle va dans le prompt système, la grille dans le prompt utilisateur, la réponse en JSON.
- Google Sheets reçoit une ligne par candidat : coordonnées, lien Drive du CV, score total, score d’expérience, commentaire.
Le premier essai m’a donné 100 points alors que le détail en faisait 95. J’ai précisé dans le prompt que le total est la somme des catégories : le score est retombé à 80, cohérent avec le détail. Puis j’ai ajouté un exemple (un message utilisateur avec un CV, un message assistant avec le JSON attendu), pour que le modèle sache exactement quelle réponse rendre.
L’astuce qui fait gagner le plus de temps en construction : téléchargez la sortie du webhook, collez-la dans un module « Parse JSON » placé en déclencheur, et faites passer toutes les valeurs par un « Set multiple variables ». Vous testez cent fois sans remplir le formulaire. Au moment de livrer, vous rebranchez le webhook sur ce module, vous changez six variables, et rien d’autre.
Gestion des erreurs et mise en production
Une API externe comme pdf.co peut tomber. Sans gestionnaire d’erreur, Make désactive le scénario à la première erreur et vous prévient par email : chez un client, c’est un service coupé. Un clic droit sur le module, « Add error handler », et cinq choix :
- Break : réessaie plus tard, par exemple 3 fois toutes les 15 minutes. Il faut autoriser le stockage des exécutions incomplètes, qui s’affichent ensuite dans leur onglet.
- Resume : continue le scénario avec des valeurs de remplacement que vous définissez.
- Ignore : ignore l’erreur et arrête cette exécution sans désactiver le scénario.
- Commit et Rollback : utiles seulement avec une base de données (MySQL, PostgreSQL).
J’utilise Break presque partout, Resume parfois, le reste jamais. Puis l’interrupteur passe le scénario en production, et l’historique montre chaque exécution : crédits consommés, durée, données transférées.
HTTP, routeurs et les derniers modules utiles
HTTP « Make a request » est le module HTTP qui sert dans 90 % des cas : il appelle une API absente de Make. Chaque module natif n’est qu’un appel d’API emballé avec son authentification : j’ai refait la conversion pdf.co à la main, en POST, avec le corps en JSON, la clé dans l’en-tête x-api-key et l’option qui analyse la réponse. Un code 200 veut dire que l’appel a réussi ; un code 400 signale une erreur. Le même module sert à scraper un site, la suite que je conseille à la fin de la vidéo.
Le routeur crée plusieurs chemins après un module. Sans filtre, tous s’exécutent ; avec un filtre, un chemin ne s’exécute que si la condition est vraie, et la route de repli (fallback) prend tout ce qui ne passe nulle part ailleurs. N’en abusez pas : dupliquer les mêmes modules sur trois routes rend le scénario pénible à maintenir, mieux vaut un seul chemin piloté par des variables.
Les autres modules à connaître :
- Sleep : une pause de quelques secondes, quand une API n’a pas fini d’enregistrer, ou pour qu’une réponse automatique parte après 40 secondes plutôt qu’à la seconde même ;
- Switch : une valeur différente selon l’entrée, avec un défaut ;
- Repeater : rarement utile, on itère presque toujours sur un tableau.
Ce qui a changé dans Make depuis février 2025
La vidéo a été tournée en février 2025. Vérifié le 27 octobre 2026 :
- Les opérations sont devenues des crédits le 27 août 2025, à raison d’un pour un. La plupart des modules coûtent 1 crédit, le routeur et les gestionnaires d’erreur aucun, et certains modules IA passés par le fournisseur IA de Make en coûtent davantage, selon les tokens (la page des crédits de Make (nouvel onglet)). Le calcul des 2 880 crédits par mois reste juste.
- L’offre gratuite donne toujours 1 000 crédits par mois (les prix de Make (nouvel onglet)), avec 2 scénarios actifs et 15 minutes entre deux lancements au plus court. Core reste à 9 $ par mois en facturation annuelle (10,59 $ au mois) pour 10 000 crédits, et un scénario peut tourner 40 minutes (Jet Admin, vérifié le 26 septembre 2026 (nouvel onglet)).
- Make a ses agents IA. Au tournage, je disais que n8n avait une longueur d’avance. Make AI Agents a été annoncé en avril 2025, et la nouvelle application Make AI Agent est sortie le 2 février 2026, encore en bêta ouverte : ses outils sont des modules, des scénarios, des serveurs MCP ou d’autres agents (l’aide de Make (nouvel onglet)).
- Maia (août 2026) construit, modifie et débogue un scénario à partir d’une demande en langage courant, directement dans l’éditeur. Illimitée sur les plans payants, elle consomme des crédits ; le plan gratuit a 30 jours d’essai (le blog de Make (nouvel onglet)).
- Le modèle : la vidéo utilise GPT-4o. Prenez le modèle courant de votre fournisseur ; le prompt, la grille et l’exemple restent les mêmes.
Certains écrans ont bougé depuis, mais les notions de la masterclass tiennent toutes : bundles, mapping, fonctions, agrégateurs, webhooks, gestion des erreurs.
Ce que vous pouvez vendre avec ça
À qui : un cabinet de recrutement de 2 à 10 consultants, ou une PME de 20 à 100 salariés qui recrute plusieurs fois par an et reçoit de 100 à 300 candidatures par offre.
Ce que vous livrez : le scénario du cas 2, installé dans le compte Make du client, qui vous y a ajouté comme membre. Le formulaire de candidature à mettre dans ses annonces, les CV rangés dans son Google Drive, et un Google Sheets où chaque candidat arrive avec son score sur 100, son score d’expérience et le commentaire de l’IA. La grille est retravaillée avec lui pour chaque poste, et chaque module externe a son Break : le scénario ne s’interrompt pas dès le premier incident de pdf.co.
Comment le présenter : « Sur 200 candidatures, vous ouvrez le tableau et vous lisez les 10 premières. » Le rapport financier du cas 1 se vend de la même façon à un dirigeant de TPE qui veut, le 1er de chaque mois, son total facturé, son total payé et son taux de paiement dans sa boîte mail, sans ouvrir le tableur.


