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Construire avec l'IA

Vercel : c’est quoi, combien ça coûte, comment déployer

Vercel est un hébergeur de sites et d’applications web : vous lui remettez votre code, il le déploie sur un réseau mondial sans serveur à administrer, puis le met à jour à chaque modification envoyée sur GitHub. Pour un freelance qui livre avec Claude Code, c’est la voie la plus directe entre le code et le domaine du client, à une condition que peu de tutoriels mentionnent : un site payé par un client ne peut pas tourner sur l’offre gratuite. Sur vercel.com, j’ai revérifié les tarifs, les limites et les étapes le 27 octobre 2026, deux mois après la vidéo.

Vercel, c’est quoi : le YouTube de votre code

Pensez à YouTube. Quand vous publiez une vidéo, vous ne gérez ni les serveurs qui la stockent, ni la bande passante qui permet à des millions de personnes de la regarder en même temps. Vous importez, YouTube s’occupe du reste.

Vercel fait la même chose pour votre code. Vous créez votre application, vous la déployez, et Vercel la rend accessible partout dans le monde, depuis n’importe quel appareil, sans que vous touchiez un serveur.

Concrètement, Vercel prend le code d’un projet, le compile, le distribue sur son réseau et vous rend une adresse publique en .vercel.app, avec HTTPS. Il héberge :

  • les sites et les applications construits avec Next.js (Vercel est l’entreprise qui développe ce framework), React, Vue, Svelte, Nuxt ou Astro ;
  • les sites statiques, du simple index.html au site vitrine ;
  • les API et les petits backends : routes d’API, webhooks, fonctions en Node.js, Python ou Go.

C’est pour ça que Vercel revient si souvent quand vous codez avec une IA. Claude Code, Codex ou v0 (l’outil de Vercel qui génère des interfaces) produisent le plus souvent du Next.js ou du React, et Vercel est l’hébergeur le plus direct pour ce type de projet.

Comment Vercel fonctionne : Uber Eats, pas le restaurant

Dans la vidéo, je prends l’image d’Uber Eats. Le restaurant prépare le plat, Uber Eats gère la livraison, et vous recevez votre commande sans vous demander comment elle est arrivée. Vous payez un peu plus cher qu’en allant au restaurant, pour ne pas gérer la livraison vous-même.

Ici, le restaurant, c’est AWS, le cloud d’Amazon. Vercel s’appuie sur lui pour la puissance de calcul : ses 19 régions portent les noms des régions d’Amazon (cdg1, Paris, correspond à eu-west-3). Devant ces régions, Vercel exploite son propre réseau de 126 points de présence, dans 94 villes et 51 pays, qui reçoivent chaque visiteur au plus près de chez lui et l’acheminent par un réseau privé vers la région la plus proche.

Le chapitre de la vidéo s’appelle « Vercel ne possède aucun serveur » : c’est vrai pour le calcul, pas pour ce réseau d’entrée. Et le jour où AWS tombe, Vercel tombe avec. Le 20 octobre 2025, la panne de la région AWS us-east-1 a coupé les fonctions des projets hébergés dans cette seule région pendant environ 2 h 30, d’après le compte rendu publié par Vercel.

Ce que ça change pour vous : vous n’avez pas besoin de devenir expert AWS pour livrer un projet qui tient la charge. Vous vous concentrez sur ce que le client paie.

Un réglage à connaître tout de suite. Par défaut, les fonctions d’un nouveau projet tournent à Washington (iad1). Si la base de données de votre client est à Paris ou à Francfort, chaque requête vers elle fait l’aller-retour au-dessus de l’Atlantique. Changez la région dans le projet : Settings, puis Functions, rubrique Function Regions. cdg1 pour Paris, fra1 pour Francfort. Ou dans le fichier vercel.json, à la racine du projet :

json
{
  "regions": ["cdg1"]
}

Combien coûte Vercel : Hobby gratuit, Pro à 20 $ par mois

Vercel a trois offres : Hobby, Pro et Enterprise (sur devis, pour les grandes équipes). Prix relevés sur vercel.com le 27 octobre 2026, en dollars et hors taxes.

HobbyPro
Prix0 $20 $ par mois, dont 20 $ de crédit d’usage
Usage commercialinterditautorisé
Sièges qui déploient11 inclus, puis 20 $ par mois chacun
Sièges en lecture (Viewer)aucungratuits, sans limite
Transfert de données100 Go par mois1 To par mois inclus
Invocations de fonctions1 million par moisà l’usage, sur le crédit puis au-delà
Au-delà de l’inclusfonction bloquée, jusqu’à 30 jours d’attentefacturé à l’usage, sans plafond
Déploiements par jour1006 000
Dépôt privé d’une organisation GitHubrefuséaccepté
Durée maximale d’une fonction300 secondesjusqu’à 800 secondes
Journaux d’exécution1 heure1 jour
Projets200illimités

À savoir en plus du tableau :

  • Le crédit de 20 $ couvre la consommation : calcul, transfert, images. Vercel vous prévient à 75 % du crédit consommé. Au-delà, tout est facturé à l’usage, sans plafond. Une alerte de dépense est posée par défaut à 200 $ par mois, et vous pouvez l’abaisser dans la gestion des dépenses (Spend Management).
  • L’essai Pro dure 14 jours, un seul par compte. Sans moyen de paiement enregistré, l’équipe repasse en Hobby à la fin, sans rien payer.
  • Un Pro payant offre un domaine la première année, sur 16 extensions comme .studio, .agency ou .site. Ni .fr ni .com : pour un client français, le domaine reste à acheter chez un registrar. Et l’offre ne vaut pas pendant l’essai.

Hobby ou Pro : le site d’un client est un usage commercial

D’après les règles d’usage de Vercel (fair use guidelines), l’offre Hobby est réservée à un usage personnel et non commercial. La définition est large : est commercial tout déploiement qui rapporte de l’argent à quiconque participe au projet, « y compris un salarié ou un consultant payé pour écrire le code ». Les exemples cités :

  • encaisser un paiement des visiteurs ;
  • présenter un produit ou un service à vendre ;
  • être payé pour créer, mettre à jour ou héberger le site ;
  • un site dont le but premier est l’affiliation ;
  • des publicités, Google AdSense compris.

Seule exception citée : un bouton de dons.

Traduction pour un freelance : dès qu’un client vous paie, le site est commercial, même le site vitrine d’un artisan sans paiement en ligne. Vos prototypes et vos projets d’apprentissage peuvent rester en Hobby. Le site qui présente vos services, et tout projet de client, passent en Pro.

La règle a aussi un verrou technique. Vercel refuse de déployer en Hobby depuis un dépôt privé qui appartient à une organisation GitHub. Or c’est exactement là que le code d’un client doit vivre : dans son organisation GitHub, à son nom. Et en Pro, chaque auteur de commit sur un dépôt privé d’organisation doit être membre de l’équipe Vercel : sinon, son déploiement attend qu’on l’ajoute.

Mettre un site en ligne sur Vercel en 4 étapes

Du code généré par Claude Code ou Codex jusqu’au domaine en ligne, le chemin tient en 4 étapes. Comptez 5 minutes la première fois, plus le temps que le DNS se propage.

Étape 1 : le code sur GitHub

GitHub est l’entrepôt où Vercel va chercher ce qu’il doit déployer. Si le projet n’y est pas encore, demandez-le à Claude Code (« crée un dépôt privé sur GitHub et pousse le projet »), ou tapez avec GitHub CLI, depuis le dossier du projet :

bash
gh repo create site-client --private --source=. --push

Le compte, l’authentification et les premiers commits sont détaillés pas à pas dans le tuto GitHub.

Étape 2 : importer le projet sur vercel.com

  1. Créez un compte sur vercel.com/signup. Le plus simple est de vous connecter avec GitHub, puisque Vercel devra lire vos dépôts. Google et Apple sont aussi proposés.
  2. Cliquez sur New Project (vercel.com/new) et autorisez Vercel à accéder à vos dépôts GitHub.
  3. Choisissez le dépôt dans la liste. Le menu en haut à gauche change de compte ou d’organisation.
  4. Vercel détecte le framework (Next.js, React, Astro…) et préremplit la commande de build. Sur cet écran, vous pouvez aussi renommer le projet et ajouter les variables d’environnement.
  5. Cliquez sur Deploy.

Vercel compile le code, le distribue sur son réseau et vous donne une adresse publique en .vercel.app dès la fin du build.

Sans passer par le site, la même chose se fait depuis le terminal avec Vercel CLI :

bash
npm i -g vercel
vercel login
vercel          # déploiement de preview
vercel --prod   # mise en production

Si vous travaillez avec Claude Code, Vercel publie aussi un plugin qui lui donne ses commandes de déploiement (/vercel-plugin:deploy prod, /vercel-plugin:env) :

bash
npx plugins add vercel/vercel-plugin

Étape 3 : les variables d’environnement

Si l’application appelle un LLM, une base de données ou Stripe, elle a besoin de clés d’API. Elles ne vont jamais dans le code : elles vont dans Vercel.

Dans le projet : Settings, puis Environment Variables. Pour chaque variable, vous choisissez :

  • les environnements : Production (le site en ligne), Preview (les versions de test), Development (votre machine) ;
  • le type : Config, lisible par les membres de l’équipe, ou Secret, illisible une fois enregistré. Les clés d’API du client vont en Secret.

Le piège classique : une variable ajoutée ou modifiée ne s’applique qu’aux déploiements suivants. Redéployez pour qu’elle soit prise en compte. Pour récupérer les variables de développement sur votre machine :

bash
vercel link
vercel env pull

Étape 4 : le domaine

Dans le projet : Settings, puis Domains, et ajoutez le domaine du client. Vercel affiche les enregistrements DNS à créer chez le registrar (OVH, Gandi, Ionos…) : un enregistrement A pour le domaine nu (exemple.fr), un CNAME pour www. Copiez les valeurs affichées, elles sont propres au projet. Ajoutez les deux adresses et redirigez l’une vers l’autre, sinon Google voit deux sites identiques.

Une fois le DNS vérifié, Vercel émet le certificat SSL tout seul, en général en quelques minutes.

Ensuite, chaque push part en ligne

À partir de là, chaque push sur la branche main crée un déploiement de production : votre client voit la mise à jour sans que vous touchiez à rien. Chaque autre branche, et chaque pull request, reçoit sa propre adresse de preview. Et si une mise en production casse quelque chose, Instant Rollback remet la version précédente en ligne depuis le tableau de bord.

Pourquoi Vercel plutôt que votre propre serveur

On me pose souvent la question : pourquoi payer Vercel plutôt qu’un petit serveur loué au mois ? Regardez ce que gérer son propre serveur implique :

  • maintenir le système à jour et appliquer les correctifs de sécurité ;
  • configurer l’environnement de chaque projet ;
  • surveiller les plantages et intervenir quand le site tombe, week-end compris.

C’est un métier à part entière, le DevOps, qui occupe des équipes de plusieurs dizaines de personnes dans les grandes entreprises. Chaque heure passée là-dessus est une heure que vous ne facturez pas au client.

Pour un freelance qui construit des applications Next.js, des front-ends ou des outils branchés sur un LLM, Vercel retire ce travail d’un coup : déploiement immédiat, preview automatique à chaque push, aucune configuration de serveur. Vous passez votre temps sur ce qui se facture, pas sur ce qui se subit.

Les limites

Vercel n’est pas le bon choix partout. Dans la vidéo, j’écarte les processus back-end qui tournent en continu et les besoins de GPU. Deux mois plus tard, la frontière a bougé :

  • Une fonction s’arrête au bout de 300 secondes en Hobby, 800 en Pro (30 minutes en bêta).
  • Les tâches de fond existent désormais : Cron Jobs pour les tâches planifiées, Queues, Workflows, et les Daemons, des workers en conteneur en bêta publique. En Hobby, ces Daemons partagent 5 heures de CPU par mois entre tous les projets.
  • Toujours aucun GPU dans la documentation. Pour faire tourner vous-même un modèle d’IA, il faut un autre hébergeur.
  • Au-delà de l’inclus, la facture Pro suit le trafic, sans plafond. Un site qui explose ou un robot qui le martèle se paie : réglez l’alerte de dépense le jour de la mise en ligne.

Mon verdict reste celui de la vidéo : pour livrer vite un site ou une application propre et stable à un client, Vercel est mon choix par défaut.

L’erreur qui coûte un client : pousser directement en production

Déployer la première fois, c’est la partie facile. La question, c’est comment mettre à jour l’application d’un client en production sans jamais risquer de couper son activité. Pousser une modification directement sur main, sans filet, c’est là que la plupart des freelances font l’erreur qui coûte cher. Par exemple : le formulaire de devis qui ne part plus pendant trois jours, et le client qui l’apprend par un prospect.

Le circuit qui l’évite, celui que je montre dans la vidéo suivante :

  1. Une branche par modification, jamais de travail directement sur main.
  2. Une pull request vers main : Vercel construit la branche et poste l’adresse de preview en commentaire.
  3. Vous testez la preview, puis vous l’envoyez au client, qui valide sur une vraie adresse avant que rien ne change pour ses visiteurs.
  4. Une base de données à part pour les previews : une variable d’environnement Preview qui pointe vers une base de test, pour qu’un essai n’écrive jamais dans les données réelles du client.
  5. Vous fusionnez la pull request : Vercel met en production.

Si la protection des déploiements est active (Settings, puis Deployment Protection), la preview demande une connexion à Vercel. Pour la montrer au client, envoyez-lui un lien partageable (Shareable Link), ou invitez-le en Viewer, gratuit sur Pro.

Claude Code peut tenir ce circuit pour vous. Écrivez la règle dans le CLAUDE.md du projet (« jamais de push direct sur main, une pull request par modification ») : CLAUDE.md et les autres concepts de Claude explique où ce fichier se range et quand Claude le lit. Les skills /branche et /livre des 6 Claude Code skills créent la branche puis ouvrent la pull request. Et si une mise en production casse malgré tout : rollback d’abord, puis la méthode de debug en 4 phases pour trouver la cause au lieu d’empiler les correctifs.

Le compte Vercel du client : à son nom, vous en membre

Le site appartient au client, son hébergement aussi. Trois règles.

Le compte et la carte sont ceux du client

Le client crée une équipe Vercel en Pro, idéalement avec vous pendant le rendez-vous, et y enregistre sa carte. Il en est Owner. Il vous invite ensuite comme Member : Settings, puis Members, invitation par email.

Votre siège coûte 20 $ par mois de plus le temps de la mission. Il est indispensable si vos commits partent d’un dépôt privé de son organisation GitHub. Le client paie Vercel directement : vous ne refacturez pas un hébergement et vous ne portez pas le risque d’un dépassement. Ses associés qui veulent suivre les previews et les statistiques entrent en Viewer, sans frais.

Ou vous construisez chez vous, puis vous transférez

Si le client n’est pas prêt dès le premier jour, construisez dans votre propre équipe Pro et transférez le projet à la livraison : Settings du projet, General, section Transfer Project, bouton Transfer, puis l’équipe du client. Vous devez être Owner de l’équipe de départ et membre de celle d’arrivée, qui doit avoir un moyen de paiement.

Le transfert prend de 10 secondes à 10 minutes, sans interruption du site. Les déploiements, les domaines et les variables d’environnement suivent. Les intégrations, comme une base de données ajoutée depuis la Marketplace de Vercel, sont à réinstaller, et les journaux restent chez vous.

En fin de mission, vous sortez

Le client vous retire de l’équipe : Settings, Members, les trois points à côté de votre nom, puis Remove from Team. Si c’est vous qui avez créé l’équipe, donnez-lui d’abord le rôle Owner (Manage Role), puis il vous retire. Ce changement de propriétaire est impossible pendant un essai Pro : passez au Pro payant avant.

Un tableau de bord client comme celui qui ne trahit pas l’IA se met en ligne exactement ainsi : dépôt dans l’organisation du client, projet dans son équipe Vercel, vous en membre jusqu’à la remise.

Livrer

Ce que vous pouvez vendre avec ça

À qui : un artisan, un cabinet (architectes, expert-comptable, avocats) ou une PME de 5 à 50 salariés pour qui vous développez un site ou un outil interne avec Claude Code, et qui n’a personne pour assurer l’hébergement. Le plus réceptif est celui dont le site actuel tourne sur le compte de son ancien prestataire, ou qui ignore qui paie l’hébergement.

Ce que vous livrez : le projet hébergé sur une équipe Vercel Pro au nom du client et liée à sa carte, le domaine configuré en HTTPS avec www redirigé, les clés d’API rangées en Secret, la région de calcul à Paris, une alerte de dépense activée, et une preview à valider avant chaque mise en production. À la remise, une page de passation (qui paie quoi, où sont le code et les accès), puis votre siège retiré.

Comment le présenter : « Votre site est sur votre compte, à votre nom. Vous payez l’hébergement directement à Vercel, 20 dollars par mois, sans intermédiaire. Et chaque modification passe d’abord par une adresse de test que vous validez avant que vos clients la voient. » Ensuite, montrez pendant le rendez-vous la preview d’un ancien projet, dont le lien est posté automatiquement dans la pull request : le client voit l’étape où il validera chaque modification.

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