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Construire avec l'IA

Workflow n8n : créer le premier, du déclencheur à l’action

Un workflow n8n, c’est un déclencheur suivi de nœuds d’action : vous le construisez, vous le testez, puis vous le publiez. Pour votre client, c’est une tâche qu’il ne fera plus à la main, et un total d’heures gagnées que n8n lui affiche. Voici comment le construire, le régler et choisir ses nœuds, comme je le montre dans la masterclass.

Créer et ranger le workflow

Tout part du bouton Create workflow, le plus important de l’interface. Avant de cliquer, prenez deux habitudes.

Rangez par projet et par dossier : un projet par client, des dossiers à l’intérieur (« Module 1 »), des sous-dossiers si besoin. Quand vous aurez 30 workflows, vous serez content de les retrouver.

Et ne créez pas vos accès à l’avance. Les credentials (l’accès à Gmail, à Google Sheets, à WhatsApp) se créent au fil de la construction, quand un nœud les demande.

Une fois le workflow ouvert, renommez-le tout de suite, en haut à gauche. Un nom clair, voire un emoji : c’est ce qui vous permet de vous y retrouver plus tard.

Éditeur et exécutions : les deux vues d’un workflow

En haut de l’écran, deux onglets. Editor affiche le workflow, que vous modifiez. Executions liste chaque passage du workflow, en test comme en production.

Sur un workflow qui récupère automatiquement les offres de Codeur.com (refait de Make vers n8n), l’onglet Executions montre chaque lancement : l’heure, la durée, un identifiant unique. Cliquez sur un nœud d’une exécution passée, et vous voyez les données exactes qui y sont entrées. C’est là que vous trouvez pourquoi un workflow a fait n’importe quoi à 3 heures du matin.

Mettre en production : de l’interrupteur Active au bouton Publish

Dans la vidéo, tournée en mai 2025, un interrupteur Inactive / Active met le workflow en production : il se lance alors tout seul, à la fréquence prévue. Sur le plan Starter de l’époque, 5 workflows actifs au plus.

Deux choses ont changé depuis. n8n 2.0 a remplacé l’interrupteur par un bouton Publish : la production tourne sur la version publiée, et vos modifications restent en brouillon tant que vous ne republiez pas. Vous ne cassez plus un workflow client en le retouchant.

Et le plan Starter n’a plus de limite de workflows actifs (page des prix de n8n, octobre 2026).

Le reste est identique. L’enregistrement est automatique, l’historique garde chaque version, et le menu des trois points sert à :

  • dupliquer un workflow pour repartir d’un existant ;
  • télécharger le fichier, ou en importer un ;
  • importer depuis une URL un workflow trouvé dans la communauté n8n.

Les réglages d’un workflow, dont celui à montrer au client

Le menu Settings d’un workflow ne concerne que lui. Voici ce qui compte :

RéglageÀ quoi il sert
Execution orderLaissez v1, l’ordre recommandé par n8n.
Error workflowLe workflow à lancer quand celui-ci plante : celui qui vous prévient.
This workflow can be called byLes workflows autorisés à l’appeler : ceux du projet, ou tous.
TimezoneLe fuseau horaire du workflow, qui peut différer du vôtre.
Save executionsGarder ou non les exécutions réussies, en erreur et manuelles. Tout est coché par défaut.
Timeout workflowArrêter le workflow au bout d’un temps donné, 4 heures par exemple, s’il tourne en boucle.
Estimated time savedLes minutes que chaque exécution fait gagner.

Le dernier est celui que je règle pour un client. Mettez 60 minutes si chaque exécution lui fait gagner une heure : après 5 exécutions, l’écran d’accueil affiche 5 heures gagnées sur les 7 derniers jours. Au bout d’un mois, vous revenez avec ce chiffre, et le client voit ce que votre automatisation lui rapporte.

Les déclencheurs : ce qui lance le workflow

Le gros bouton +, le petit + en haut à droite ou la touche Tab ouvrent la même liste. Le premier nœud est presque toujours un déclencheur (trigger) :

  1. Manuel : le workflow part quand vous cliquez sur « Test workflow ». Parfait pour construire.
  2. Événement d’une application : par exemple, dans Google Sheets, une ligne ajoutée, une ligne modifiée, ou les deux.
  3. Horaire (On schedule) : toutes les 15 minutes, toutes les heures, chaque jour à minuit, chaque lundi à 16 h.
  4. Webhook : une adresse en écoute, qui lance le workflow dès qu’une autre application l’appelle avec des données.
  5. Formulaire (On form submission) : n8n génère un formulaire, que vous intégrez sur un site.
  6. Appel par un autre workflow : le workflow « fils » que lance un workflow « père ».
  7. Message de chat : la bulle de chat de n8n, à poser sur un site pour un chatbot.
  8. Email : un email reçu lance le workflow.
  9. Erreur (Error trigger) : lancé quand un autre workflow plante, pour vous prévenir par email ou sur Slack.
  10. Serveur MCP : pour exposer le workflow à des agents IA.

Un workflow peut avoir plusieurs déclencheurs : un webhook et un horaire, par exemple. Make n’en accepte qu’un par scénario, une des différences qui comptent dans le choix entre Make et n8n. Si deux workflows font la même chose, vous les combinez en un seul.

Tester : nœuds verts, items et navigation

Pour vous déplacer dans le canevas : Cmd (ou Ctrl sur Windows) et un glisser de souris, Cmd et la molette pour zoomer.

Cliquez sur « Test workflow ». Un nœud qui passe au vert s’est exécuté sans erreur. Le trait qui part vers le nœud suivant porte un nombre d’items : le nombre d’éléments transmis. C’est la notion qui fait tout comprendre à n8n, expliquée en détail dans la masterclass n8n complète.

Les nœuds d’action, catégorie par catégorie

Après le déclencheur, la liste des nœuds d’action se range en catégories. Voici ce qu’il y a dedans, et ce que j’utilise vraiment.

IA

L’agent IA, qui fait le buzz : un modèle avec des outils, qui agit seul. Puis OpenAI, Basic LLM Chain (n’importe quel modèle : ChatGPT, Claude…), Information Extractor (des données structurées à partir de texte libre), Question and Answer Chain, Sentiment Analysis (neutre, positif ou négatif), Summarization et Text Classifier, celui qui classe les emails d’une boîte de support pour les étiqueter.

Actions dans une application

Toutes les intégrations natives : Airtable, Asana, Notion, Google Sheets, Google Drive, et les autres.

Transformation de données

Le nœud Code (JavaScript ou Python), Date & Time, Edit Fields pour créer des variables, Filter, Limit, Remove Duplicates, Split Out pour traiter 100 items un par un, Aggregate, Merge et Summarize pour les regrouper. Plus Convert to File, Extract from File, HTML pour une page scrapée, Markdown, XML et Sort. Compression, Crypto et Edit Image, je ne m’en sers jamais.

Flux

If (une condition, deux chemins), Switch (plusieurs chemins selon la valeur reçue), Loop Over Items pour boucler sur 15 items un par un, Execute Workflow pour appeler un workflow fils, Wait pour patienter quelques secondes.

Cœur

HTTP Request, pour appeler n’importe quelle API ou récupérer le HTML d’une page à scraper. Webhook, et Respond to Webhook pour répondre à l’application qui vous a appelé.

Humain dans la boucle

Envoyer un message et attendre la réponse avant de continuer : Discord, Gmail, Google Chat, Outlook, Teams, email, Slack, Telegram ou WhatsApp Business.

Les 6 nœuds qui font l’essentiel du travail

De toute la liste, voici ceux que j’utilise le plus :

  1. Code, pour tout calcul qui dépasse un clic.
  2. Edit Fields, pour préparer les données.
  3. Split Out, pour traiter une liste élément par élément.
  4. Aggregate, pour la regrouper ensuite.
  5. Merge, de temps en temps, pour réunir deux branches.
  6. Limit, pendant la construction, pour tester sur quelques éléments au lieu de 100.

Ajoutez HTTP Request dès qu’une application n’a pas d’intégration native : c’est un nœud capital.

Livrer

Ce que vous pouvez vendre avec ça

À qui : un studio ou une agence web de 2 à 10 personnes qui épluche chaque jour, à la main, les appels d’offres et les plateformes de missions (Codeur.com, Malt).

Ce que vous livrez : le workflow de veille, lancé chaque heure, qui récupère les nouvelles missions, garde celles qui collent aux critères de l’agence et les envoie dans Slack. Avec lui, un workflow d’erreur qui vous prévient vous, et pas le client, si une source change. Le temps gagné se règle dans les Settings, et l’historique des exécutions prouve que tout tourne.

Comment le présenter : « Chaque matin, les nouvelles missions qui vous correspondent sont dans votre Slack. Si le workflow rencontre une panne, c’est moi qui reçois l’alerte. Et chaque mois, je vous montre combien d’heures il vous a rendues. » Exemple : 15 minutes gagnées par exécution, une exécution utile par jour ouvré, cela fait plus de 5 heures par mois que le client voit sur son écran d’accueil.

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