Claude Cowork : 3 services IA à vendre à vos clients
Claude Cowork est l’agent qu’Anthropic consacre au travail de bureau : vous lui décrivez un résultat, il planifie les étapes puis les exécute dans vos outils et vos fichiers, à la demande ou à heure fixe. Il figure dans les formules payantes de Claude, et non dans l’offre gratuite. Pour un freelance, la question utile est ce qu’une PME vous paiera pour l’installer chez elle : voici 3 services IA chiffrés, comment les construire et comment les livrer.
Claude Cowork, c’est quoi exactement ?
Cowork reprend le principe de Claude Code (confier une tâche en plusieurs étapes et revenir quand elle est finie) pour tout ce qui n’est pas du code : trier des devis, consolider des tableurs, rédiger un compte rendu, préparer une veille. Vous lui parlez dans une fenêtre de conversation, sans jamais ouvrir de terminal.
Concrètement, Cowork sait :
- travailler dans les dossiers que vous lui connectez, et seulement ceux-là, en demandant votre accord avant de supprimer quoi que ce soit ;
- passer par vos outils grâce aux connecteurs (messagerie, agenda, stockage partagé, Slack) ;
- lancer une tâche planifiée, à la cadence de votre choix, qui tourne sans vous ;
- utiliser des skills et des plugins, un plugin regroupant des skills, des connecteurs et des sous-agents en une seule installation ;
- en dernier recours, piloter l’écran (clics, saisie), une fonction encore en aperçu de recherche.
La vidéo a été tournée en juin 2026. Deux choses ont changé depuis, d’après les pages d’Anthropic.
D’abord, Cowork se fond dans Claude. Le 16 septembre 2026, Anthropic a annoncé la fusion de Cowork et du chat, et sa page produit le résume en une phrase : « Claude Cowork is now just Claude ». Le déploiement commence par les offres Pro et Max. Vos skills et vos connecteurs vous suivent.
Ensuite, les tâches tournent dans le cloud. Depuis octobre 2026, le centre d’aide l’écrit noir sur blanc : Cowork exécute vos tâches sur les serveurs d’Anthropic, dans un environnement isolé. Quand une tâche a besoin d’un fichier de votre ordinateur ou de votre navigateur, Claude y accède par l’application Claude Desktop, qui doit rester ouverte.
Claude Cowork est-il gratuit ? Les offres et les prix
Non. Il faut un abonnement payant : Pro, Max, Team ou Enterprise. Voici les prix affichés par la page tarifs d’Anthropic fin octobre 2026, en dollars :
- Pro : 20 $ par mois, ou 17 $ par mois en paiement annuel ;
- Max : à partir de 100 $ par mois ;
- Team : 25 $ par siège et par mois pour le siège standard (20 $ en annuel) ;
- Enterprise : 20 sièges au minimum, avec l’usage facturé à part.
L’application Claude Desktop tourne sur macOS, Windows et Linux (en bêta), et Cowork arrive aussi sur le web et le mobile. Pour travailler sur des fichiers locaux, l’application de bureau reste indispensable.
Mettez-le dans votre proposition : c’est le client qui paie son abonnement, et une tâche en plusieurs étapes consomme plus de quota qu’une simple question.
Cowork ou Claude Code : lequel pour quoi ?
Claude Code est votre atelier, celui où vous construisez les skills dans un terminal. Cowork est l’endroit où votre client les utilise.
Et c’est l’outil qui rassure vos clients. L’interface est simple, le nom ne fait pas peur, on n’y voit ni le mot « code » ni le moindre terminal. Le client se projette dès la démo, et une démo qui ne fait pas peur se vend plus vite.
En juin, j’ajoutais un argument : tout tournait en local, sur la machine de l’utilisateur, donc la confidentialité se vendait sans friction. Depuis le passage au cloud, ce n’est plus vrai par défaut. Et même en local, ce que Claude lit part chez Anthropic pour être traité. Si votre client manipule des données sensibles, posez la question dès le premier rendez-vous : où sont ses données, et ont-elles le droit de sortir ? En Enterprise, c’est d’ailleurs un administrateur qui décide d’activer Cowork dans le cloud.
Pourquoi le brief du matin ne se vend pas
Les démos de Cowork montrent souvent le même brief du matin : un résumé de vos emails, de votre agenda et de quelques actualités. Personne ne l’achète. Il fait gagner quelques minutes, et un dirigeant ne signe pas pour quelques minutes.
Les 3 services qui suivent rapportent autre chose : du chiffre d’affaires, des leads, de l’autorité. De l’argent ou du temps, sinon ça ne se vend pas.
Service 1 : un radar d’opportunités qui rapporte du chiffre d’affaires
Chaque matin, votre client reçoit les opportunités à forte valeur de son marché, avant ses concurrents. Il ne paie plus pour du temps économisé : il paie pour du chiffre d’affaires.
Selon le client, ces opportunités sont des appels d’offres publics et privés, des liquidations judiciaires ou des ventes aux enchères.
À qui le vendre :
- aux courtiers et agences d’assurance qui répondent à des marchés publics, où un seul marché peut valoir plusieurs centaines de milliers d’euros ;
- aux entrepreneurs du BTP et aux investisseurs immobiliers qui chassent des biens ou des entreprises en liquidation, avec une décote de 20 à 40 % et souvent très peu de concurrence.
Le marché est énorme et peu exploité. La plupart de ces clients ne veulent pas recruter quelqu’un pour faire cette veille tous les jours. Payer un service automatisé qui leur sort les vraies opportunités, en revanche, ils le font volontiers.
Pour le livrer, il vous faut deux briques. La première collecte : vous scrapez les portails d’appels d’offres (le BOAMP pour les marchés publics), ou vous passez par l’API d’un service de données d’entreprises comme Pappers, qui reprend les procédures collectives publiées au BODACC. La seconde filtre avec l’IA, pour ne garder que les opportunités pertinentes pour ce client, avec des règles, des sources et un score.
Le premier client vous demandera des ajustements sur les règles, les sources et le scoring. Une fois le service cadré, vous le répliquez chez d’autres clients du même secteur, aux besoins très proches. Pour protéger la valeur de ce que vous livrez, réservez chaque client à une zone géographique ou à un segment : deux concurrents ne reçoivent pas la même liste.
Ce service se facture entre 2 500 et 7 000 € selon la complexité des sources, le niveau de filtrage et de scoring, et surtout la valeur générée. Une seule opportunité convertie peut représenter des dizaines de milliers d’euros pour le client.
Service 2 : des leads tirés des signaux d’achat LinkedIn
Promettez à un cabinet de recrutement 100 dirigeants de startups par jour : il s’en fiche. Envoyez-lui chaque matin 20 startups qui viennent de lever des fonds ou d’annoncer un recrutement, et vous avez son attention.
Ce critère s’appelle un signal d’achat. Il montre que l’entreprise est en train d’acheter, maintenant, et LinkedIn est probablement la meilleure plateforme pour le repérer.
Si vous ne retenez qu’une chose : vous cherchez le signal, vous collectez, puis l’IA filtre.
- Vous définissez les requêtes de recherche LinkedIn qui font remonter les posts liés au signal d’achat de votre client.
- Vous scrapez les résultats. Apify propose des milliers de scrapers ; celui que j’ai utilisé cherche des posts par requête, pour environ 1,50 $ les 1 000 posts au moment de la vidéo.
- Un LLM filtre la liste par localisation, secteur ou taille d’entreprise. Tous les résultats ne sont pas pertinents, et le modèle fait ce tri très bien.
Un exemple : votre client cible les entreprises qui recrutent des commerciaux pour prospecter. Une requête composée fait un premier tri :
(recrute OR recherche) AND (commercial OR SDR) AND prospection
Dans mes résultats, je tombe par exemple sur le post d’un hôtel en Belgique qui cherche un cadre commercial.
Vous livrez chaque jour une liste de posts alignés sur le signal d’achat de votre client. Il ne lui reste qu’à contacter la bonne personne en citant le post, ce qui est plus crédible et beaucoup moins spam. Avec cette approche, mes taux de réponse en prospection LinkedIn pour mon agence ont été multipliés par 5.
Comptez 1 000 à 3 000 € de mise en place, puis 500 à 1 000 € par mois. Pour un cabinet de recrutement, un seul placement rapporte plusieurs milliers d’euros (bien plus sur des profils de dirigeants), et un client signé peut en donner plusieurs. Le retour sur investissement se voit vite.
Une limite, quand même. Les conditions d’utilisation de LinkedIn interdisent l’extraction automatisée, et les posts contiennent des données personnelles, donc le RGPD s’applique. Dites-le à votre client, gardez des volumes raisonnables et ne conservez que ce qui sert à la prise de contact. Le même schéma (collecter, filtrer, livrer) marche sur d’autres sources : je le montre pour scraper Google Maps et trouver vos premiers clients.
Service 3 : une machine à contenu dans la voix du client
Pour beaucoup de dirigeants, produire du contenu fait partie des corvées les plus pénibles. Il faut trouver des idées qui intéressent vraiment la cible, écrire souvent, sur plusieurs formats, et que le résultat ressemble à leur voix plutôt qu’à du texte d’IA générique.
Résolvez ça et vous vendez une machine à autorité, qui vaut bien plus qu’un rédacteur. Votre client le voit vite : plus de réponses en messages privés, plus de confiance en rendez-vous, et des demandes entrantes qui commencent à arriver.
Le pipeline a 3 étages :
- Une banque d’idées tirée du réel. Un agent lit ce que le client a déjà : les emails de ses clients, les transcriptions d’appels de prospects, ses avis Google, les messages au support. Il en sort des idées qui viennent des vraies objections, des vraies questions et des mots exacts de ses clients.
- Un modèle de la voix du client. Un agent pose quelques questions ciblées (le ton, les opinions, les sujets interdits) et lit une dizaine de contenus existants : posts LinkedIn, newsletters, pages de vente. Les brouillons sonnent comme lui.
- La production multiformat. À partir d’une idée, le pipeline génère des posts courts pour LinkedIn ou X, une newsletter et un script de vidéo courte ou longue, avec des variantes, des angles et des appels à l’action adaptés.
Vous sortez de l’océan rouge des outils SaaS à 60 € par mois, puisque vous livrez un système sur mesure, branché sur les données du client. Il se facture entre 2 500 et 5 000 € selon le volume, les canaux et le niveau de suivi.
Il se vend particulièrement bien aux dirigeants de cabinets de services B2B, aux fondateurs de SaaS et de startups B2B qui viennent de lever des fonds, aux coachs et consultants haut de gamme, et aux agences qui revendent le pipeline en marque blanche à leurs propres clients.
Construire le service en skills, étape par étape
Le piège, à ce stade, c’est de se retrouver avec un monstre impossible à maintenir.
Commencez par faire tout le processus à la main. C’est non négociable : tant que vous ne l’avez pas fait vous-même, vous ne maîtrisez ni les étapes, ni les exceptions, ni ce qui compte vraiment dans le résultat final.
Prenez ensuite 10 minutes pour découper ce que vous allez livrer. Claude pourra vous aider plus tard, mais cette première réflexion de votre côté vous fait gagner énormément de temps.
Puis livrez sous forme de skills. Un skill est un petit module qui donne au modèle soit un mini workflow qui orchestre plusieurs étapes (un skill de workflow), soit une amélioration de la qualité d’une sortie, sans orchestration (un skill d’enrichissement). Votre produit est un skill, ou plus souvent un pack de skills.
Un skill se lance à la demande, quand le client le veut, ou automatiquement, à heure fixe ou après un événement. En automatique, vous pouvez chaîner : un skill produit une sortie, le suivant la reprend, et ainsi de suite jusqu’au résultat final. Je préfère des skills qui ne font qu’une chose, chaînés, au skill qui fait tout. C’est plus fiable, plus facile à maintenir, et le résultat est souvent meilleur.
Le radar d’opportunités, par exemple, se découpe en 3 skills :
- un skill qui scrute les actualités du secteur ;
- un skill qui scrape le site des appels d’offres publics qui intéressent le client ;
- un skill qui interroge l’API Pappers pour vérifier les liquidations judiciaires.
Le setup et la méthode
Pour construire, j’utilise Warp (un terminal avec un agent intégré, qui vous débloque sur une commande ; le plan gratuit suffit), Claude Code en ligne de commande, le plugin Skill Creator d’Anthropic, qui sert justement à créer des skills, et en option mes skills Claude Mastery.
Ensuite, dans l’ordre :
- Ouvrez un dossier dédié au projet, lancez Claude et passez en plan mode (Maj+Tab jusqu’à ce qu’il s’affiche) : Claude réfléchit et structure sans toucher aux fichiers.
- Appelez le Skill Creator.
- Dictez votre brief à l’oral (j’utilise Wispr Flow). On donne naturellement plus de contexte en parlant qu’en écrivant.
- Lancez
/interroge: Claude pose toutes les questions importantes sur l’arbre de décision, les cas limites et les critères de succès. Comptez une vingtaine de minutes de plus, pour éviter selon mon expérience 80 % des allers-retours ensuite. Je détaille ce skill et les 5 autres dans 6 skills Claude Code pour cadrer avant de coder. - Si le plan ne les prévoit pas, demandez des tests itératifs : 3 à 5 itérations pour valider la qualité du skill.
- Une fois le plan validé, tapez
/clearpuis lancez l’implémentation. Avec un contexte propre, l’exécution est beaucoup plus précise.
Livrer chez le client : 3 modes, à jour d’octobre 2026
La règle de la vidéo tient toujours : votre choix dépend de qui déclenche le skill, et d’où sont les données. Les outils, eux, ont bougé depuis juin.
1. À la demande, sur le poste du client
C’est le mode d’une tâche ponctuelle, d’une V1 ou d’une démo. Le client ajoute votre skill à son compte Claude (un dossier compressé en ZIP, à charger dans la section Skills des réglages de Claude) puis demande à Claude de le lancer en le nommant. Le skill reste privé à son compte tant qu’il ne le partage pas.
2. Planifié, avec les fichiers du client
Le cas classique : « tous les jours à 7 h, je veux mon résultat », et le skill doit lire des documents internes (dossier partagé, exports, fichiers sur le réseau).
En juin, je recommandais les tâches planifiées de Cowork sur une machine dédiée chez le client. Elles tournent désormais dans le cloud. Quand elles ont besoin d’un fichier local, elles passent par l’application Claude Desktop, qui doit rester ouverte sur la machine. L’autre option est une tâche planifiée locale de Claude Code Desktop : elle s’exécute directement sur la machine, avec accès aux fichiers, tant que l’application est ouverte et l’ordinateur éveillé. Dans les deux cas, une machine dédiée, allumée en permanence sur le réseau du client, reste la bonne installation.
Gardez la nuance pour le rendez-vous : les fichiers restent sur la machine, mais ce que Claude en lit part chez Anthropic pour être traité.
3. Dans le cloud, clé en main
Le client veut recevoir le résultat, sans entendre parler de machine ni d’installation. Vous livrez alors dans le cloud avec les tâches planifiées de Claude Code, qui s’appelaient « routines » en juin. Elles tournent sur l’infrastructure d’Anthropic, ordinateur éteint, selon un planning, sur un appel API ou sur un événement GitHub. La fonction est encore en aperçu de recherche : dites-le à votre client. Si vous préférez une infrastructure que vous gérez vous-même, une plateforme d’hébergement comme Render fait aussi l’affaire.
En résumé : local à la demande, local planifié, ou cloud clé en main.
Par où commencer cette semaine
Choisissez l’un des 3 services, celui dont vous connaissez le mieux le client. Faites le travail à la main pour un seul prospect pendant une semaine, puis montrez-lui le résultat avant de parler d’automatisation. Si aucune de ces trois options ne vous séduit, puisez dans 8 services IA qu’une PME paie.
Le service tient la route ? Reste à trouver vos premiers clients : pour bâtir votre liste, commencez par les outils de prospection.
