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Premiers prospects

Codeur.com : ce que la plateforme vaut pour un freelance IA

Codeur.com est une plateforme où le client dépose son projet sans frais et où les freelances abonnés lui proposent un devis : l’inscription est gratuite, répondre exige un abonnement à partir de 31,90 € HT par mois, et Codeur.com prélève 4 % sur chaque mission remportée. Pour un freelance IA, elle ne vaut le coup qu’à une condition : envoyer parmi les premiers une proposition écrite pour cette mission, car un projet d’automatisation attire fréquemment plus de 50 réponses en une journée. Voici le fonctionnement de la plateforme, ses conditions, et ma méthode pour trier les projets et préparer mes réponses avec n8n, un agent IA et Airtable, sans rien envoyer à votre place.

Comment marche Codeur.com

Le fonctionnement est l’inverse de Malt. Sur Malt, vous publiez un profil et vous attendez qu’un client vous trouve. Sur Codeur.com, le client publie son projet, et ce sont les freelances qui viennent lui proposer un devis.

Côté client, tout est gratuit : publier un projet, recevoir les devis, choisir un prestataire. Aucune commission ne lui est demandée. Il peut payer des options de visibilité, mais elles sont facultatives.

Côté freelance, le compte gratuit sert à remplir votre profil, monter un portfolio et recevoir par email les projets de vos compétences. Pour répondre à un projet, il faut deux choses :

  • être une société : micro-entreprise, société ou portage salarial. Si vous n’avez pas encore de structure, l’article sur comment devenir freelance explique par où commencer ;
  • avoir un abonnement.

Codeur.com annonce plus de 2 000 projets par mois et 150 000 freelances inscrits. Chaque projet affiche son budget indicatif, sa date de publication, les profils recherchés et le nombre de freelances qui ont déjà répondu.

Votre profil compte donc moins que votre réponse : est-elle juste pour ce projet, arrive-t-elle tôt, et le client la remarque-t-il au milieu des autres ?

Ce que coûte Codeur.com à un freelance

Chiffres relevés sur la page des tarifs de Codeur.com (nouvel onglet) le 27 octobre 2026 :

PosteCe que vous payez
Inscription et profilgratuit
Abonnement pour répondreà partir de 31,90 € HT par mois, renouvelable tous les 30 jours, sans engagement
Commission4 % du projet gagné, 5 € HT au minimum, une fois que le client vous a payé
Formules supérieuresplus de clients contactables par mois, jusqu’à 400

D’après le test de Workizz (septembre 2024), la formule Pro permet de contacter 80 clients par mois, la formule Pro Max 200 et la formule Agence 400. Pour démarrer, la première suffit largement : 80 clients par mois, c’est près de 4 réponses par jour ouvré.

La commission se règle sous 7 jours une fois le projet livré ou évalué. Sans paiement, Codeur.com masque l’évaluation que le client vous a laissée et peut suspendre votre compte.

Un exemple : vous gagnez un projet d’automatisation à 2 000 €. Vous payez 80 € de commission, plus votre mois d’abonnement. Dans la vidéo, je parle de projets entre 1 000 € et plus de 10 000 € : un seul projet gagné rembourse largement l’abonnement.

Codeur.com vaut-il le coup pour un freelance IA ?

Le 27 octobre 2026, j’ai relevé ce que donnent trois recherches par le flux RSS de Codeur.com (j’y reviens plus bas) :

  • « automatisation » : 35 projets publiés entre le 8 et le 27 octobre, soit près de 2 par jour ;
  • « intelligence artificielle » : 35 projets en un mois ;
  • « n8n » : 35 projets depuis fin mars, environ 5 par mois.

La demande existe. La concurrence aussi. Sur 12 projets du flux « automatisation », publiés pour la plupart la veille ou le jour même, entre 22 et 132 freelances avaient déjà répondu, avec une médiane de 70. Sur un projet à 1 000 à 10 000 €, Codeur.com affichait 132 réponses, dont 105 devis envoyés en moins de 2 heures.

Quand j’ai tourné la vidéo, en février 2025, le projet que je montrais avait 7 réponses. Ce n’est qu’un projet, mais l’écart dit assez à quel point la plateforme s’est remplie.

Les avis vont dans le même sens. Codeur.com a 4,6 sur 5 sur Trustpilot (1 009 avis), et les reproches des freelances reviennent toujours aux mêmes points : beaucoup de prestataires sur les mêmes projets, peu de projets vraiment sérieux, un abonnement qui s’ajoute à la commission.

Mon verdict : Codeur.com vaut le coup comme canal d’appoint quand vous démarrez, pas comme seul canal. Vous y trouvez des clients qui ont déjà un besoin et un budget, ce qui est rare. En face, vous êtes 70. Pour une partie de votre prospection, un canal où vous êtes seul face au prospect reste indispensable : le cold email, ou les méthodes de l’article sur comment trouver des clients.

Sur Codeur.com, trois choses font la différence : choisir les bons projets, répondre vite et sortir du lot. Le système qui suit sert ces trois points.

Ce que disent les conditions de Codeur.com sur l’automatisation et l’IA

J’ai relu les conditions d’utilisation (nouvel onglet) le 27 octobre 2026. Elles ne parlent pas des réponses rédigées avec l’IA. Elles encadrent en revanche l’usage de logiciels :

  • pas de logiciel ni d’algorithme pour nuire au site ou pour « intercepter et utiliser le système, données, ou informations personnelles » ;
  • aucune action qui surcharge le site, spam ou envois massifs compris ;
  • Codeur.com peut suspendre un compte pour « comportement douteux ».

Le système de la vidéo reste du bon côté de ces règles parce qu’il ne fait que lire et préparer :

  • il lit le flux RSS que Codeur.com propose lui-même, une fois par heure, puis la page de chaque nouveau projet : quelques dizaines de requêtes par jour ;
  • il n’envoie rien. L’agent IA trie les projets et rédige un brouillon d’accroche. Vous le relisez, vous le corrigez, et vous l’envoyez vous-même depuis Codeur.com.

Automatiser l’envoi serait une mauvaise idée à deux titres. Vous tomberiez dans ce que les conditions appellent des envois massifs. Et une réponse générique se repère tout de suite au milieu de 70 autres.

Un point a changé depuis la vidéo. À 50:40, je montre comment lire les projets réservés aux abonnés en copiant le cookie de session de mon compte dans n8n. Je ne vous le conseille plus : on sort du flux public pour entrer dans la zone que les conditions interdisent, et c’est votre compte que vous risquez. Ces projets sont rares. Ouvrez-les à la main.

Le système : flux RSS, n8n, agent IA et Airtable

Le principe tient en une phrase : toutes les heures, n8n lit les nouveaux projets de votre recherche, un agent IA décide s’ils correspondent à votre profil, et ceux qui passent arrivent dans Airtable avec un brouillon d’accroche, pendant que Slack vous prévient.

Avec ce système, j’ai multiplié par quatre mes chances de décrocher un projet et je passe deux à trois fois moins de temps à répondre. Je ne lis plus que les projets qui me concernent, et je les vois dans l’heure qui suit leur publication.

1. Le flux RSS de votre recherche

Sur Codeur.com, ouvrez la liste des projets et cherchez par mot-clé ou par catégorie ce qui correspond à votre métier. Pour moi, c’est « automatisation ». Sous les résultats, un bouton propose de s’abonner au flux RSS de cette recherche.

Le lien ressemble à ceci :

text
https://www.codeur.com/projects?format=rss&keywords=automatisation&order=recent

C’est du XML, peu lisible à l’œil nu, mais parfait pour un outil d’automatisation : chaque projet y a son titre, son lien, sa date et le début de sa description. C’est le point de départ du workflow.

Avant d’aller plus loin, ouvrez ce flux pendant deux semaines avec votre propre mot-clé et comptez les projets. Si votre niche en donne moins d’un par semaine, le système ne vous servira pas à grand-chose.

2. Le workflow n8n

J’ai construit l’automatisation dans n8n, plus technique que Make mais très en avance sur les agents IA. Si vous débutez, l’article sur n8n pose les bases. Le workflow enchaîne cinq nœuds :

  1. RSS Feed Trigger, réglé sur toutes les heures. C’est suffisant dans la plupart des niches ; passez à 15 minutes si les projets arrivent très vite dans la vôtre.
  2. HTTP Request sur le lien de chaque projet. Le flux tronque les descriptions longues, il faut donc lire la page entière.
  3. Code, qui extrait de la page le titre, la description complète, le budget indicatif, la date et les profils recherchés. Je n’ai pas écrit ce JavaScript moi-même : j’ai donné à Claude un exemple de page et la liste des champs voulus, puis je l’ai corrigé quand une expression ne trouvait rien.
  4. Merge, en mode « combine » par position, pour réunir dans un même élément ce qui vient du flux (la date au format ISO, que la machine comprend mieux) et ce qui vient de la page.
  5. AI Agent, qui décide et agit.

Une astuce pour construire le workflow : un déclencheur RSS ne renvoie qu’un seul projet en test. Lancez une fois un nœud RSS Read sur la même adresse (il lit le flux en entier, 35 projets), copiez trois ou quatre projets dans les données du déclencheur et épinglez-les. Vous testez ensuite chaque étape sur quatre cas réels. Pensez à retirer ces données épinglées avant d’activer le workflow, sinon il renverra toujours les mêmes projets.

3. L’agent IA qui trie les projets

L’agent reçoit le titre et la description complète de chaque projet. Il a deux outils : Airtable pour créer une ligne, Slack pour me prévenir. Slack n’est qu’un choix : Telegram, l’email, ou un autre workflow n8n branché comme outil font le même travail. Dans la vidéo, il tourne sur GPT-4o, avec une clé de l’API d’OpenAI ; n’importe quel modèle récent fait l’affaire. Ce qu’est un agent et comment il choisit ses outils, c’est l’objet de l’article sur l’agent IA.

Tout se joue dans le prompt, écrit en Markdown, en six parties :

markdown
# Rôle (message système)
Vous êtes un assistant qui filtre des projets de freelancing.

# Tâche
Décidez, à partir du titre et de la description, si le projet est pertinent pour mon profil.

# Procédure
1. Si et seulement si le projet est pertinent : créez une ligne avec l’outil Airtable,
   puis envoyez un message avec l’outil Slack.
2. Si le projet n’est pas pertinent, ne faites rien.

# Contexte
Mon métier, les systèmes que je construis, les outils que je maîtrise.

# Notes
Ce que j’accepte et ce que je refuse.

# Exemples
Projets valides et non valides, tirés de vrais résultats.

Trois réglages comptent plus que les autres.

La procédure doit être stricte. Dans ma première version, l’agent jugeait un projet non pertinent et l’enregistrait quand même dans Airtable. Il a fallu écrire « si et seulement si » et ajouter « si le projet n’est pas pertinent, ne faites rien ».

Les notes disent ce que vous refusez. Les miennes : les intégrations d’API sont valides parce que je les fais en no code, l’expertise en IA aussi ; pas d’application full stack, pas de Python ni de Bubble, pas d’assistanat virtuel, pas de très petits projets (« ça prend 10 minutes », « c’est urgent »), où le client attend une offre à 50 ou 100 €. Et une dernière : la liste d’outils n’est pas exhaustive, laissez sa chance à un projet qui parle d’un outil non listé.

Les exemples viennent de vos propres résultats. Faites tourner le système sur une série de projets, regardez comment il juge, puis classez ses erreurs : un projet bien jugé va dans les valides, un projet mal jugé va dans les non valides. Le meilleur exemple est complet : un titre, une description, et la réponse attendue, avec le « pourquoi » et l’accroche. L’agent finit par imiter votre façon d’écrire.

Dans l’outil Airtable, les champs que l’agent remplit lui-même s’écrivent avec $fromAI : une clé (pourquoi, accroche) et la même description que dans le prompt. Tout le reste (titre, description, budget, date, profils, lien) vient du nœud Merge.

4. La base Airtable, votre CRM Codeur

Chaque projet retenu devient une ligne avec :

  • le titre et un bouton « Open URL » qui ouvre le projet sur Codeur.com (le lien lui-même reste dans un champ masqué) ;
  • un statut : reçu, postulé, non pertinent, non disponible, gagné, perdu ;
  • la date de publication, la description complète, le budget indicatif et les profils recherchés ;
  • le « pourquoi » et l’accroche rédigés par l’agent ;
  • un champ pour le lien de votre vidéo, et un champ de notes.

J’avais aussi gardé le nombre de réponses déjà reçues. Je l’ai retiré : il change d’heure en heure, la valeur enregistrée ne veut plus rien dire le lendemain.

Le dernier champ, « copier-coller Codeur », est une formule CONCATENATE : bonjour, la phrase qui présente la vidéo s’il y en a une, l’accroche de l’agent, puis un texte fixe qui vous présente. Le mien dit que je suis consultant en automatisation, que j’ai mis en place des dizaines de systèmes pour des entreprises de services et que je parle d’automatisation sur YouTube. Adaptez-le à votre profil. Dans la formule, \n est un retour à la ligne.

Au fil des réponses, la base devient votre CRM Codeur : quand un client répond trois semaines plus tard, vous retrouvez ce que vous lui aviez écrit.

5. La vidéo Loom pour sortir du lot

Au milieu de 70 réponses écrites, une vidéo se remarque. Pour les projets qui dépassent 1 000 €, j’enregistre une vidéo d’une à deux minutes sur Loom : je me présente et j’explique pourquoi je suis la bonne personne pour ce projet, à partir de ce que dit la description. Le lien va dans le champ prévu, et la formule l’ajoute en tête de la réponse.

Si vous débutez, faites-le pour tous les projets qui vous intéressent.

Relire avant d’envoyer

L’accroche de l’agent est un brouillon. Avant de coller la réponse dans Codeur.com, je vérifie quatre choses :

  • elle cite un détail de ce projet-là, pas une généralité qui irait à tous ;
  • elle ne promet rien que je ne sais pas livrer, ni un délai que je n’ai pas estimé ;
  • le montant et le délai du devis sont les miens, pas ceux de l’IA ;
  • elle se lit en dix secondes sur un téléphone.

Si l’une des quatre manque, je réécris. Ces deux minutes de relecture font de l’agent une aide à la rédaction, et c’est souvent là que votre réponse se détache des 69 autres.

Par où commencer

  1. Avant de payer quoi que ce soit, ouvrez le flux RSS de votre mot-clé et comptez les projets pendant deux semaines.
  2. Si votre niche en publie plusieurs chaque semaine, optez pour un abonnement mensuel, sans engagement.
  3. Montez le workflow, relisez chaque accroche et enregistrez une vidéo pour les projets qui comptent.
  4. Notez dans Airtable chaque projet gagné ou perdu. Au bout de 20 réponses, vous saurez si Codeur.com mérite sa place dans votre prospection.

Gardez en parallèle un canal où vous êtes seul face au client. Si vous êtes encore salarié, l’article sur trouver des clients en freelance montre comment faire tenir le tout dans une heure par jour.

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