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Premiers prospects

Trouver des clients en freelance sans quitter votre emploi

Pour trouver des clients en freelance quand vous avez un emploi à plein temps, il vous faut une heure par jour réservée à la prospection, deux niches au plus, des canaux qui prospectent pendant vos heures de bureau et 90 jours pour signer un premier client. Ce qui manque le plus souvent, c’est moins le temps qu’un système. J’ai lancé mes services IA alors que j’avais déjà une activité à plein temps, marié, deux enfants, et j’ai signé mes premiers clients avec une heure par soir. Voici le système, avec les chiffres réels et les pièges à éviter.

Avant de prospecter : ce que votre contrat de travail permet

Cumuler un emploi salarié et une micro-entreprise est possible en principe. Trois conditions, d’après la fiche de Service Public Entreprendre (nouvel onglet) (vérifiée le 10 avril 2026) :

  • pas de clause d’exclusivité dans votre contrat. Elle n’est possible que pour un salarié à temps plein, donc relisez le vôtre ;
  • pas de concurrence avec votre employeur. Si votre entreprise vend de l’automatisation, vous ne la vendez pas à côté ;
  • une activité exercée en dehors de votre temps de travail.

L’obligation de loyauté s’applique même sans clause écrite : discrétion sur les informations de votre employeur, aucune action qui nuise à ses intérêts. Un manquement expose à un licenciement pour faute grave, voire lourde. Concrètement : votre ordinateur personnel, votre téléphone personnel, vos horaires à vous, et aucun client de votre employeur dans votre liste.

Une heure par jour, une seule tâche : prospecter

Quand j’ai démarré, je n’avais jamais deux heures libres d’affilée. Ce qui a tout débloqué, c’est une question du livre The One Thing : quelle est la seule chose qui, une fois faite, rend tout le reste plus facile ou inutile ?

Au démarrage, la réponse est toujours la même : la prospection. Pas le site, pas l’offre parfaite.

J’ai donc pris une heure le soir, quand les enfants étaient couchés, uniquement pour prospecter. Les appels découverte, seule tâche qui demande d’être disponible en direct, passaient sur la pause déjeuner ou en début de soirée les jours de télétravail. Les premières réponses sont arrivées, puis les appels, puis le premier client signé.

Du temps libre en vrac ne vous servira à rien. Il vous faut une heure fixe, au même moment chaque jour : le matin avant le travail, à la pause déjeuner ou le soir. Je vous épargne les conseils sur les réseaux sociaux et les matchs de foot : vous savez où la trouver si vous le voulez vraiment.

Deux niches et deux offres, pas dix services

La deuxième erreur des salariés qui se lancent : vouloir tout proposer. Automatisation du recrutement, gestion des emails, chatbots, workflows comptables. Dix services sur une liste, aucun point de départ, et au bout du compte rien n’est lancé.

Avec les freelances que j’accompagne, je recommande d’habitude 3 niches avec 2 services chacune, soit 6 combinaisons. Avec une heure par jour, c’est trop. La version salarié : 2 niches au plus, 2 offres par niche, 4 tests. Vous n’avez pas besoin de choisir le gagnant à l’avance, la prospection le désignera.

Pour trouver ces deux niches, j’utilise la méthode DFF, détaillée dans l’article sur comment trouver une niche :

  1. Déterrage : 5 à 7 pistes sans filtrer, tirées de 3 filons (vos anciens métiers, les gens que vous avez déjà servis, vos passions si quelqu’un paierait pour ça). La piste est dans la tâche pénible, jamais dans l’intitulé du poste.
  2. Formulation : chaque piste devient « je construis des systèmes de [service] pour [marché] ». Un service, c’est un livrable concret. Un marché, c’est précis : pas « les entrepreneurs », mais « les cabinets de recrutement de 10 à 50 personnes en France ».
  3. Filtrage : 4 critères tranchés pour éliminer ce qui ne tient pas.

Si vous hésitez encore sur l’offre elle-même, les exemples de livrables de l’article consultant IA vous donnent des points de départ.

Prospecter sans être là : email ou LinkedIn selon votre niche

Prospecter comme il y a 10 ans demandait d’être joignable toute la journée. Aujourd’hui, deux canaux travaillent pendant que vous êtes en réunion.

L’email, qui tourne seul

J’utilise Instantly. Il envoie un premier message puis deux relances automatiques, du lundi au vendredi de 8 h à 19 h. Il augmente les volumes progressivement, répartit les envois pour ne pas finir en spam, coupe la séquence dès qu’un prospect répond et vous alerte. Vous configurez une fois. Comptez environ une centaine d’euros pour l’outil.

Le message lui-même se travaille avant l’outil : la méthode est dans l’article sur le cold email, et le rythme des relances dans celui sur comment relancer un prospect.

LinkedIn, à la main d’abord

Commencez manuellement : 15 demandes de connexion par jour, un message dès qu’une demande est acceptée, une relance derrière. Ça tient dans votre heure. Si vous voulez automatiser ensuite, des outils personnalisent les messages avec l’IA, envoient des messages vocaux et espacent les actions, pour moins de 100 euros.

Choisir le canal

Le bon canal dépend de l’endroit où vit votre cible :

CiblePrésence sur LinkedInCanal à privilégier
Entreprises du BTPun profil, rarement ouvertemail
Cabinets de recrutementplusieurs fois par jourLinkedIn

Si vous ne savez pas, donnez votre niche à votre IA et demandez-lui où se trouve votre cible.

Vos premiers appels : trois façons d’enlever la pression

Les réponses arrivent, des gens acceptent de vous parler, et une nouvelle peur s’installe : et si on me pose une question à laquelle je ne sais pas répondre ?

Y Combinator, l’incubateur derrière Airbnb, Stripe et Dropbox, répète la même consigne à ses fondateurs : pour vos premiers clients, faites des choses qui ne passent pas à l’échelle. Contact direct, un seul canal, 100 personnes qui se soucient vraiment du problème. Arrêtez de chercher le système parfait et parlez à des gens.

Trois cadres pour ces appels, selon votre situation :

  1. L’étude de marché. Vous ne vendez rien : « Je cherche juste à comprendre comment vous gérez tel problème aujourd’hui. »
  2. Le réseau personnel. Anciens collègues, amis, connaissances : « Je cherche quelques entrepreneurs pour valider mon approche. Si quelqu’un de votre entourage veut automatiser une partie de son activité, je peux le faire gratuitement en échange d’un retour, et d’une recommandation si ça lui fait gagner du temps. » Laissez toujours une porte de sortie : votre contact ne doit jamais se sentir coincé.
  3. Le diagnostic, mon préféré. Vous êtes le médecin, le prospect est le patient. Vous ne prescrivez une solution que si vous trouvez un vrai problème : un gain de temps ou d’argent mesurable. La méthode du diagnostic gratuit le met par écrit avant même l’appel.

Ces appels servent à affiner ce que vous vendez et à qui. Si quelqu’un achète au passage, tant mieux. 5 à 10 appels suffisent pour savoir si votre offre résonne ou si elle doit être retravaillée.

3 réponses sur 100 : pourquoi 10 messages ne prouvent rien

Voilà ce qui arrête la plupart des salariés : une semaine de prospection, 5 ou 10 personnes contactées, aucune réponse, et la conclusion tombe. L’offre est mauvaise, le marché n’est pas prêt, ce n’est pas pour moi.

Le vrai sujet, c’est le volume. Voici les résultats de quatre campagnes cold email que j’ai menées pour des clients :

CampagneLeads intéressés
Client A, message et offre 13 %
Client A, message et offre 23,3 %
Client A, message et offre 32,8 %
Une quatrième campagne0,2 %

L’offre, la niche et le message font varier le résultat. Pour une bonne campagne, tablez sur 1 à 3 leads intéressés pour 100 personnes contactées.

Si vous avez contacté 10 personnes sans réponse, vous n’avez rien appris, sauf que vous avez contacté 10 personnes. Il faut environ 30 appels découverte pour un premier signal fiable sur l’offre, le message ou la cible. Avant ce seuil, ne vous demandez pas « est-ce que ça marche ? », mais « est-ce que j’ai atteint mon volume ? ».

90 jours, et rien d’autre à perfectionner

Sans date limite, vous optimisez. C’est humain : vous retravaillez l’offre une deuxième fois, vous peaufinez votre profil LinkedIn, vous cherchez le bon outil. Six mois plus tard, votre premier message de prospection n’est toujours pas parti.

Un chef de projet IT que j’accompagne avait un emploi à plein temps et une famille. Il suivait les étapes, sauf une : prévenir son entourage. On lui avait appris à rester discret, il avait peur de déranger. Un jour, il a annoncé son activité à presque tout son répertoire. Deux clients signés en quelques semaines grâce à son réseau. Dans la foulée, un recruteur l’a contacté sur LinkedIn pour un poste en automatisation, et il a retourné la conversation : le recruteur est devenu un prospect sérieux.

Il n’avait pas eu le temps de maîtriser tous les outils. Il a mis la technique de côté et s’est concentré sur ses clients. C’est la priorité des 90 premiers jours : signer un premier client, pas peaufiner l’offre ni apprendre un nouvel outil. La livraison, elle, se prépare avec l’article sur votre première mission freelance IA.

Quitter votre emploi : les 3 seuils à atteindre avant

Vous n’avez peut-être pas envie de passer à plein temps. Garder ce rythme, une heure par jour, quelques clients, un revenu en plus : c’est un choix valable. Ce qui suit concerne ceux qui envisagent de sauter le pas.

Le plus grand risque, c’est de quitter votre emploi trop tôt, avant d’avoir de quoi tenir. Avant de démissionner, atteignez trois seuils :

  1. Le seuil épargne : 6 mois de dépenses de survie devant vous. Si vous vivez avec 1 800 euros par mois, il vous faut 10 800 euros de côté. Ils couvrent les mois creux et les imprévus clients, qui arrivent toujours.
  2. Le seuil business : 3 clients actifs, ou un premier client récurrent, ou une part claire de votre salaire déjà remplacée.
  3. Le seuil entourage : la famille résiste presque toujours. N’annoncez pas un fait accompli, ouvrez une discussion : « Depuis X mois, je gagne Y euros en travaillant 10 heures par semaine sur mon activité. J’y pense sérieusement, je voulais en parler avec toi. » Montrez les chiffres et répondez aux objections avec des preuves et des compromis.

Votre plan pour les 90 prochains jours

Réservez votre heure quotidienne, toujours au même moment. Construisez deux offres pour deux niches avec la méthode DFF. Lancez une prospection qui tourne pendant vos heures de travail, par email ou sur LinkedIn selon votre cible. Faites vos premiers appels sans chercher à vendre, et ne tirez aucune conclusion avant 30 appels. La contrainte de votre emploi a un avantage : elle vous oblige à construire un système simple, qui tourne sans vous.

L'Accélérateur IA

Signez vos 3 premiers clients IA en 180 jours

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