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Quoi vendre

Consultant IA : 5 étapes pour signer vos premiers clients

Un consultant IA propose à une entreprise un projet livré sans dérapage : un agent, une automatisation ou un outil développé avec Claude Code ou n8n, bien cadré et tenu dans le budget. Votre client achète une certitude : que cela fonctionnera chez lui. Si je devais tout recommencer, je ne passerais pas mes journées sur Malt ni mes soirées à suivre l’actualité de l’IA. J’appliquerais ces 5 étapes, celles qui m’ont permis de signer un client à 15 000 € par mois et de le garder 6 ans.

Ce qui fait perdre du temps à un consultant IA qui démarre

La première habitude à perdre : suivre l’actualité de l’IA. Le nouveau modèle de la semaine, la dernière annonce de Mistral ou de Gemini, c’est du bruit. Et ce bruit vous coûte vos deux ressources les plus chères, l’énergie et le temps, qui devraient servir à trouver des clients.

La seconde : les méthodes passives. Un profil sur Malt, puis attendre. Ou des journées à rafraîchir les sites d’annonces en espérant tomber sur la bonne mission. Dans la vraie vie, un client n’a ni le temps ni l’envie de trier 200 profils et de lire 15 candidatures qui se ressemblent. N’attendez pas d’être choisi : mettez-vous en face du bon décideur, avec un message clair.

J’applique cette méthode depuis plus de 10 ans. Le statut, les cotisations et la TVA n’en font pas partie : ils sont dans le guide pour devenir consultant indépendant. Ici, on parle de ce que vous vendez, à qui, et de la façon de le signer.

Étape 1 : choisir une cible, par secteur ou par service

La première décision, c’est à qui vous vendez. Elle se prend de deux façons.

La première passe par le secteur. Quand j’ai commencé à vendre du conseil, un de mes premiers clients était dans la finance. J’ai ensuite signé d’autres clients en finance beaucoup plus facilement, alors que, sur le papier, mon profil convenait aussi à d’autres secteurs. Côté client, ça rassure : vous connaissez déjà ses contraintes, son vocabulaire et ses risques. Si vous avez de l’expérience dans un ou deux secteurs, choisissez-les et restez-y.

La seconde passe par le service. Vous êtes développeur et vous avez un à deux mois de pratique solide sur Claude Code ? Votre client idéal n’est pas dans un secteur précis : c’est l’entreprise qui cherche quelqu’un d’opérationnel sur Claude Code. Le profil est rare et demandé, alors vous pouvez signer sans connaître son métier. La valeur perçue, c’est que vous savez livrer avec cet outil.

Pour cadrer un projet de ce genre, voyez les 6 skills Claude Code que j’utilise avant de coder. Pour des services concrets à proposer, voyez 3 services IA à vendre avec Claude Cowork.

Dans les deux cas, votre cible tient en une phrase : « J’aide [qui] à [résultat] avec [outil ou méthode]. » Si elle n’y tient pas, elle est trop large.

Étape 2 : viser les grands comptes par leurs partenaires

Les artisans et les petites PME ne pourront presque jamais vous payer un montant conséquent sur la durée. Enchaîner 10 petits clients par mois est souvent un piège : vous y laissez votre énergie en gestion, en communication, en prospection et en livraison.

Si votre objectif est de 15 000 € par mois ou plus, l’approche la plus simple est d’avoir un ou deux clients : des grandes PME ou des grands comptes, à partir de 200 salariés environ. Ces entreprises ont des budgets, et surtout des budgets décidés à l’année. Un ou deux clients suffisent.

Le problème : elles travaillent rarement en direct avec des freelances. Votre niveau n’est pas en cause. Leurs achats sont centralisés, et elles veulent un fournisseur référencé. Elles passent donc par des partenaires qui ont déjà leur confiance et leurs accès.

Les 5 partenaires qui ouvrent la porte

PartenaireCe qu’il a déjàPourquoi il a besoin de vous
ESN (entreprises de services du numérique)le référencement chez les grands comptesil fournit des profils, cadre la mission et simplifie l’administratif
Agencesdes clients qui leur font confianceelles veulent ajouter une brique IA ou automatisation
Cabinets de conseill’accès au comité exécutifils sous-traitent l’exécution
Intégrateurs de CRM et d’ERPdes projets en cours chez leurs clientsl’IA enrichit leurs projets
Éditeurs SaaSune base de clients sur leur logicielils cherchent des partenaires d’implémentation

Plutôt que de forcer à froid l’entrée d’un grand groupe, vous utilisez l’effet de levier du partenaire. Vous contactez ceux qui sont déjà en place chez ces clients, et vous devenez le profil fiable qu’ils positionnent.

La mécanique, et ce qu’elle coûte

Le partenaire vous positionne chez son client. Si le client valide, vous intervenez, et le partenaire prend un pourcentage sur la facturation : en général de 7 à 15 % dans mes missions. Ça se négocie, et certaines ESN annoncent davantage.

Sur le moment, on a l’impression de perdre de l’argent. Je préfère pourtant donner 10 % sur une mission à 17 000 € par mois que facturer 2 500 € en direct à six petits clients et tout porter seul. D’un côté 15 300 €, de l’autre 15 000 € : presque le même revenu, avec un seul client à gérer au lieu de six. La commission est le prix d’un accès à des budgets plus gros et à des cycles de vente plus simples.

La voie directe reste ouverte. Si vous préférez vendre des forfaits courts à des PME de votre ville, elle passe par le cold email. Elle demande plus de clients pour le même revenu.

Étape 3 : contacter les partenaires sur LinkedIn

Pour approcher une ESN, la plupart des consultants font la même chose : ils vont sur les plateformes de missions et les sites d’emploi, scrutent les offres toute la journée et postulent. Les annonces ne sont pourtant que la partie visible. Une grosse partie des besoins n’est jamais publiée, et ces partenaires piochent d’abord dans leur réseau de consultants connus, avant d’ouvrir une annonce et de recevoir 100 CV à trier.

Pour être en haut de la pile, contactez directement les personnes qui staffent les missions. Elles sont sur LinkedIn tous les jours.

Trouver les bonnes personnes

Dans une ESN, ce sont les responsables du développement commercial (business developers, ingénieurs d’affaires) et les responsables de compte qui staffent les missions. Visez-les.

La recherche classique de LinkedIn suffit pour démarrer : filtrez par secteur, par lieu et par intitulé de poste. Un compte gratuit a une limite mensuelle de recherches, dont LinkedIn ne publie pas le chiffre et qui repart le 1er du mois. Si vous la touchez, passez sur Sales Navigator : plus de filtres, et vous irez beaucoup plus vite.

L’invitation, sans note et à petite cadence

N’ajoutez pas de note à votre demande de connexion. Un message dans une invitation se lit comme « je veux vous vendre quelque chose », et vous voulez apparaître comme n’importe qui. J’ai fait le test : j’obtiens cinq fois plus d’acceptations sans message.

Côté cadence, visez jusqu’à 20 invitations par jour, soit 100 par semaine au plus en rythme de croisière. Montez par paliers (5 par jour, puis 10, 15 et 20), régulièrement, et jamais 100 d’un coup. LinkedIn ne publie pas sa limite, mais le plafond observé tourne autour de 100 par semaine, et un compte qui envoie beaucoup d’invitations en peu de temps peut être restreint.

Le premier message, en 3 phrases

Une fois la connexion acceptée, vous écrivez. Le but est d’ouvrir la conversation, pas de raconter votre parcours. Trois phrases au plus :

  1. le contexte : pourquoi vous écrivez ;
  2. ce que vous faites, en une ligne précise ;
  3. une question simple et ouverte.

Un exemple :

Bonjour Stéphane, merci pour l’ajout. Je suis consultant IT spécialisé sur Claude Code : j’aide des équipes à livrer de façon structurée des projets pilotés avec Claude Code, plus vite et sans dette technique. Vous staffez en ce moment des missions de ce type chez vos clients ?

Je reprends exprès leurs mots : staffer, mission, dette technique. Il comprend en deux secondes que je suis dans sa logique, et que je ne vends pas une formation.

Sans réponse, une seule relance, au bout de 3 à 7 jours. Le but n’est pas de le harceler.

3 astuces que peu de gens appliquent

D’abord, aucune pièce jointe tant que la personne n’a pas répondu. LinkedIn peut y voir du spam et limiter votre compte. Et à ce stade, vous ouvrez une discussion : vous ne vous vendez pas encore.

Ensuite, le message vocal. LinkedIn le propose dans son application mobile, pour vos connexions de 1er niveau, jusqu’à une minute. Un vocal de 20 à 40 secondes se démarque et il est très souvent écouté, là où un message écrit peut rester sans réponse.

Enfin, les Open Profiles. Certains membres Premium (badge doré sur leur profil) activent l’option Open Profile : vous pouvez leur écrire gratuitement sans être connecté. Ça peut doubler, voire tripler, le nombre de personnes que vous contactez chaque jour. Avec un compte gratuit, LinkedIn limite ces messages à un certain nombre par mois.

Tout cela peut s’automatiser, mais démarrez à la main : vous testez ce qui marche avant de passer à l’échelle. Sachez aussi que les conditions de LinkedIn interdisent les extensions et les bots qui envoient des messages ou ajoutent des contacts à votre place. Un compte restreint vous coûterait plus que le temps gagné.

L’appel de 15 minutes

Dès la première réponse, proposez un appel de 15 minutes. C’est le meilleur moyen de rassurer votre interlocuteur, de clarifier votre positionnement et d’entrer dans sa liste courte quand une demande client arrive.

Pendant cet appel, vous n’êtes pas en entretien d’embauche. Vous parlez à un partenaire qui peut vous présenter à ses clients. Votre posture est celle d’un consultant capable de cadrer et de sécuriser une mission.

Étape 4 : rassurer le client final dès le premier rendez-vous

Le partenaire présente votre profil, et les premiers rendez-vous arrivent vite. Votre travail numéro un : rassurer le client final, avant de chercher à l’impressionner avec la technique. Il n’achète ni Claude Code ni n8n. Il achète la certitude que le projet sera livré sans dérapage, sans chaos et sans usine à gaz. Le client d’abord, la technique ensuite.

Poser le cadre dès la première minute

Dès le début du rendez-vous, dites où vous allez :

Mon objectif d’ici la fin de cet appel, c’est de comprendre votre contexte, de clarifier le besoin et de vous proposer une prochaine étape simple. Ça vous va ?

L’effet est immédiat : vous installez la confiance, et vous montrez que vous avez l’habitude de cadrer ce type de mission. Après le rendez-vous, la proposition part le jour même : la méthode est dans l’article sur la propale.

Proposer un démarrage sans risque

Souvent, le client a un budget annuel, et votre arrivée remplace un autre consultant. Ce qu’il craint : une passation qui se passe mal, des retards, et se faire recadrer en interne si le budget dérape.

Proposez-lui un premier engagement de 3 mois renouvelable, avec 15 jours offerts intégrés au contrat. Sur les 3 mois, 15 jours ne sont pas facturés. Ils servent à sécuriser la passation, à cadrer le plan d’action et à sortir vite les premiers livrables, sans pression sur son budget.

Faites le calcul avant de le proposer. Sur trois mois, 15 jours représentent environ un quart des jours ouvrés. Sur un grand compte gardé deux ans, moins de 4 %. Ces clients se gardent plusieurs trimestres, parfois plusieurs années : votre risque est faible, et le client démarre avec ce qu’il veut : du contrôle, et aucun stress sur le budget.

Étape 5 : garder le client pendant des années

Vous avez signé. Reste à faire de cette mission un revenu durable plutôt qu’une mission ponctuelle, et j’utilise pour ça deux leviers.

Montrer le progrès toutes les deux semaines

La plupart des consultants pensent que la rétention se joue sur la qualité de la livraison. Elle se joue surtout sur la perception du progrès. Un point toutes les deux semaines, court mais structuré, montre au client que ça avance et que vous pilotez. Il peut le transmettre à sa hiérarchie, et vous devenez le consultant carré qu’on garde parce qu’il fait baisser le stress en interne.

Votre sponsor, côté client, est jugé lui aussi. Donnez-lui de quoi briller et justifier la dépense : vos chances d’être renouvelé montent d’autant.

Présenter chaque livrable comme un produit

Quand vous achetez une bague chez Cartier, on ne vous la tend pas dans la main. Elle arrive dans une boîte iconique, avec un ruban et une carte : tout est fait pour que vous ressentiez sa valeur.

En conseil IA, c’est pareil. Si vous livrez une automatisation ou un agent IA sans rien autour, le client oublie vite ce que vous avez fait. Livrez un système bien présenté, et il en perçoit une valeur bien plus élevée, sans une ligne de complexité technique en plus. À chaque livrable :

  1. un document d’une à deux pages : l’objectif, le fonctionnement et les limites du système ;
  2. une vidéo Loom de 10 à 15 minutes : la démonstration, et comment s’en servir ;
  3. une section « prochaine étape » : ce que vous améliorez le mois suivant.

Le client comprend ce qu’il a, s’en sert, et voit qu’il travaille avec un professionnel. C’est comme ça que je garde un client pendant des années.

Par où commencer cette semaine

Trois actions suffisent pour commencer. Rédigez votre cible en une phrase, par service ou par secteur. Dressez la liste de 30 ESN, agences ou cabinets qui travaillent pour des grands comptes, et repérez dans chacun le responsable du développement commercial. Puis envoyez 5 invitations par jour, sans note, et le message en 3 phrases à chaque acceptation.

C’est de là que naissent les appels de 15 minutes. Le cadre du rendez-vous, les 15 jours offerts et le point toutes les deux semaines servent ensuite, une fois la porte ouverte.

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