Skill Claude : le comprendre, l’installer, en créer un
Un skill Claude est un dossier qui contient un fichier SKILL.md : une description qui indique à Claude quand l’utiliser, des consignes et, parfois, des scripts. Pour votre client, c’est votre méthode appliquée de la même façon sur chaque projet, sans avoir à la réexpliquer à l’IA. Voici ce qu’est un skill, comment l’installer dans Claude.ai, Claude Code ou via l’API, comment créer le vôtre, et le skill /interroge, une dizaine de lignes, lu en entier.
Un skill Claude, c’est quoi : un dossier et un fichier SKILL.md
Un skill tient dans un dossier. Le seul fichier obligatoire s’appelle SKILL.md. Il commence par un en-tête entre deux lignes --- (le frontmatter), avec un nom et une description, puis viennent les instructions en Markdown. Le dossier peut aussi contenir des fichiers de référence, des modèles et des scripts.
Tout l’intérêt tient dans la façon dont Claude les charge, en trois niveaux selon Anthropic :
| Niveau | Quand il se charge | Ce que ça coûte |
|---|---|---|
| Le nom et la description | toujours, au démarrage | environ 100 tokens par skill |
| Le corps du SKILL.md | quand votre demande correspond à la description | moins de 5 000 tokens visés |
| Les fichiers et les scripts | seulement s’ils servent | rien tant qu’ils ne sont pas lus ; un script ne renvoie que son résultat |
Vous pouvez donc installer vingt skills sans alourdir chaque message. Claude lit les descriptions, repère celle qui colle à votre demande, et ne charge que celle-là.
Trois mots se confondent souvent avec « skill » :
- Un prompt se retape à chaque conversation. Un skill s’écrit une fois.
- Le fichier CLAUDE.md se charge à chaque session, en entier. Un skill ne se charge que s’il sert : une procédure longue a sa place dans un skill, un fait sur le projet dans le CLAUDE.md (quoi écrire dans votre CLAUDE.md).
- Un serveur MCP donne à Claude l’accès à un outil (Gmail, Notion, une base). Le skill dit comment s’en servir.
Un plugin, lui, emballe plusieurs de ces briques ensemble : des skills, des commandes, des serveurs MCP, des hooks. Comment choisir les bons est expliqué dans l’article sur les plugins de Claude Code. Et si vous découvrez Claude, les 23 concepts de Claude expliqués sans jargon posent le vocabulaire.
Les skills suivent un standard ouvert, Agent Skills (agentskills.io) : le même dossier se lit dans Claude et dans d’autres agents de code qui l’ont adopté.
Où les skills marchent : Claude.ai, Claude Code et l’API
Les skills existent sur trois surfaces, avec trois façons de les installer. J’ai vérifié chaque ligne dans la documentation d’Anthropic le 27 octobre 2026.
| Claude.ai (web, bureau, Cowork) | Claude Code | API | |
|---|---|---|---|
| Plans | Free, Pro, Max, Team, Enterprise | ceux qui donnent accès à Claude Code | toute clé API, avec l’outil d’exécution de code |
| Où les mettre | Customize > Skills, en ZIP | un dossier sur votre disque | l’endpoint /v1/skills |
| Skills d’Anthropic | Excel, Word, PowerPoint, PDF, actifs d’office | pas ceux-là ; des skills intégrés comme /code-review ou /claude-api | xlsx, docx, pptx, pdf |
| Partage | les vôtres restent privés ; en Team et Enterprise, partage avec des collègues ou publication pour l’organisation | dans le dépôt du projet, ou dans un plugin | tout l’espace de travail |
| Réseau | selon les réglages du compte | le même que votre ordinateur | aucun, et aucun paquet à installer en cours de route |
Retenez une chose : les skills ne se synchronisent pas entre l’API et le reste. Un skill envoyé par l’API n’apparaît pas dans Claude.ai, et l’inverse non plus. Une exception : depuis la version 2.1.273, Claude Code charge les skills activés sur votre compte Claude.ai quand vous vous connectez avec ce compte. Ils apparaissent dans /skills sous « claude.ai sync ». La synchronisation va dans un seul sens et ne marche pas avec une clé API.
Installer un skill Claude
Dans Claude Code : un dossier au bon endroit
Claude Code lit les skills sur votre disque. L’endroit décide où ils se chargent :
| Emplacement | Chemin | Se charge |
|---|---|---|
| Personnel | ~/.claude/skills/<nom>/SKILL.md | dans tous vos projets sur cette machine |
| Projet | .claude/skills/<nom>/SKILL.md | dans ce dépôt, pour toute l’équipe une fois commité |
| Plugin | <plugin>/skills/<nom>/SKILL.md | là où le plugin est activé, sous la forme /plugin:nom |
Vous pouvez copier un dossier à la main, ou laisser un outil le faire. Pour un skill publié sur GitHub, l’outil en ligne de commande skills l’installe en une ligne (il vous faut Node) :
npx skills add naiersaidane/claude-mastery
Pour un skill livré dans un plugin, passez par la commande /plugin dans Claude Code. Celui d’Anthropic qui aide à écrire et tester des skills s’installe ainsi :
/plugin install skill-creator@claude-plugins-official
Ensuite, vous appelez le skill par son nom, /interroge, ou par une phrase qui ressemble à sa description. Les anciennes commandes du dossier .claude/commands/ marchent toujours : elles ont été fusionnées avec les skills. Si vous débutez avec l’outil, le guide complet de Claude Code part de l’installation.
Dans Claude.ai : un ZIP dans Customize > Skills
- Vérifiez que l’exécution de code est activée : Settings > Capabilities, option « Code execution and file creation » (« Create and edit files » dans la nouvelle mise en page).
- Zippez le dossier du skill. Le nom du dossier doit être celui du skill, et le dossier doit être à la racine du ZIP.
- Allez dans Customize > Skills, cliquez sur « + », puis « Create skill », et envoyez le ZIP.
- Le skill apparaît dans la liste, avec un interrupteur pour l’activer ou le couper.
Sur Mac, dans Cowork, les plans Pro, Max et Team peuvent aussi enregistrer leur écran pendant une tâche (une dizaine de minutes au plus) : Claude regarde la démonstration et propose un skill à relire avant de l’enregistrer.
Par l’API : pour un produit, pas pour vous
Vous envoyez le skill sur /v1/skills, puis vous l’appelez par son skill_id dans le paramètre container, avec l’outil d’exécution de code. C’est la voie pour embarquer un skill dans une application que vous construisez pour un client, pas pour votre usage quotidien.
Créer votre premier skill : le SKILL.md
Le minimum tient en quatre lignes :
---
name: compte-rendu-client
description: Rédige le compte rendu d'un rendez-vous client au format du cabinet. Utilise quand on colle des notes de réunion ou qu'on demande un compte rendu.
---
Instructions, étapes, exemples.
Le nom et la description
- Le nom : 64 caractères au plus, en minuscules, chiffres et tirets. Les mots « claude » et « anthropic » sont réservés : un skill nommé
skill-claudeserait refusé à l’envoi sur Claude.ai ou par l’API. - La description dit ce que fait le skill et quand l’utiliser. C’est le seul texte que Claude lit avant de décider : mettez-y les phrases que vous tapez vraiment (« aide-moi à planifier »). L’API accepte 1 024 caractères, l’aide de Claude.ai en annonce 200. Claude Code coupe la liste à 1 536 caractères par skill.
Un skill qui ne se déclenche pas a presque toujours une description trop vague. Un skill qui se déclenche à tort a une description trop large.
Les champs propres à Claude Code
Claude Code accepte des champs en plus : disable-model-invocation: true pour qu’un skill ne parte que si vous le tapez (un déploiement, un envoi d’email), allowed-tools pour pré-autoriser des outils, context: fork pour le faire tourner dans un sous-agent, paths pour ne le charger que sur certains fichiers.
Attention si le même skill doit aussi aller sur Claude.ai ou l’API : ces deux surfaces n’acceptent que six champs (name, description, license, compatibility, metadata, allowed-tools). Un champ de plus, et l’envoi échoue avec « Unexpected key(s) in SKILL.md frontmatter ».
Les dossiers
compte-rendu-client/
├── SKILL.md les instructions, moins de 500 lignes
├── modele.md le gabarit du compte rendu, lu si besoin
├── exemples.md deux comptes rendus réussis
└── scripts/
└── verifier.py exécuté, jamais chargé
Le SKILL.md doit dire quand lire chaque fichier (« pour le gabarit, voir modele.md »). Sinon Claude ne sait pas qu’il existe.
Tester avec et sans
Voir un skill se déclencher prouve que Claude l’a trouvé, pas qu’il fait mieux. La documentation d’Anthropic conseille un test simple : quelques demandes réelles, chacune dans une session neuve, une fois avec le skill et une fois sans, puis comparer. Le plugin skill-creator automatise cette boucle et propose des corrections de la description.
L’exemple : /interroge, un skill d’une dizaine de lignes
Le problème que ce skill règle, tout le monde l’a vécu : Claude se met à coder avant d’avoir compris ce que vous voulez, et vous le découvrez trois messages plus tard. Sur un projet client, ces trois messages, c’est du temps facturable.
J’ai écrit /interroge pour ça. Il est gratuit, sous licence MIT, dans mon plugin Claude Mastery. Voici le fichier entier :
---
name: interroge
description: "Questionnement structuré pour cadrer une feature ou brainstormer une app : une question à la fois, descend l'arbre de décision, recommandation justifiée. Utilise sur /interroge, \"aide-moi à planifier\", \"j'ai une idée de feature/app\"."
---
Interroge-moi sans relâche sur chaque aspect de ce plan jusqu'à ce qu'on ait une compréhension partagée.
Descends chaque branche de l'arbre de décision et résous les dépendances entre décisions une par une. Pour chaque question, donne-moi ta recommandation avec ta justification.
Pose une question à la fois, attends ma réponse avant de continuer.
Si tu peux trouver la réponse en explorant le code, explore au lieu de me demander.
Chaque ligne a une raison d’être :
- La description contient la commande et deux phrases que je tape vraiment. Je n’ai pas besoin d’écrire
/interroge: « j’ai une idée de feature » suffit pour que Claude le charge. - « Une question à la fois » : sans cette consigne, Claude envoie dix questions d’un coup, vous répondez à trois, et les sept autres se décident sans vous.
- « L’arbre de décision » : la stack dépend du nombre d’utilisateurs, qui dépend de la cible. Claude pose les questions dans l’ordre où elles se conditionnent.
- « Ta recommandation avec ta justification » : vous n’avez pas à tout savoir. Vous validez ou vous corrigez une proposition argumentée.
- « Explore au lieu de me demander » : Claude ne vous demande pas ce qu’il peut lire dans le code.
Quand vous avez fini de répondre, Claude et vous êtes d’accord sur ce qu’il faut construire. Le code vient après. Pas de script, pas de fichier annexe : cinq phrases font tout le travail.
/interroge est le premier des six skills de ma méthode de cadrage. La démonstration chiffrée (le même outil construit avec et sans cadrage) et les cinq suivants sont dans les 6 skills pour cadrer avant de coder.
Lesquels prendre, et lesquels éviter
Commencez par ceux d’Anthropic. Les skills Excel, Word, PowerPoint et PDF sont déjà actifs sur Claude.ai. Le dépôt anthropics/skills sur GitHub en publie d’autres, et la marketplace officielle des plugins contient skill-creator, le plus utile pour écrire les vôtres.
Ensuite, ceux d’une source que vous pouvez lire. Mon plugin Claude Mastery en fait partie : huit skills pour cadrer, planifier, designer, déboguer et livrer, installés par la commande plus haut.
Et une règle : n’installez que ce qui sert au projet en cours. Chaque description occupe un peu de contexte, et deux skills aux descriptions voisines se marchent dessus.
Côté sécurité, Anthropic recommande de n’utiliser que des skills que vous avez écrits ou qui viennent d’eux, et de lire tous les fichiers d’un skill inconnu avant de l’installer, scripts compris. Un skill donne des instructions à Claude, et ces instructions peuvent lui faire lancer des commandes sur votre machine.
Ce que vous pouvez vendre avec ça
À qui : un cabinet comptable, une agence immobilière ou un cabinet de recrutement de 5 à 30 salariés, déjà abonné à l’offre Team de Claude, où chaque collaborateur réexplique sans cesse à Claude les mêmes procédures : la lettre de mission, le compte rendu de visite ou la fiche de poste.
Ce que vous livrez : En sept jours, vous rédigez trois skills basés sur leurs documents de référence, les testez sur dix requêtes concrètes, avec et sans le skill, puis les diffusez à l’ensemble de l’organisation via Customize > Skills. Le dirigeant constate que chaque membre de l’équipe produit le même format, et reçoit une page qui explique comment déclencher chaque skill.
Comment le présenter : « Vos équipes réexpliquent la même procédure à Claude tous les jours. Je l’écris une fois, je la teste sur vos vrais dossiers, et Claude l’applique pour tout le monde. » Arrivez avec la comparaison faite sur leurs propres documents : le résultat sans skill, le résultat avec, côte à côte.


